Author name: Dr. Rania Kassir

French

L’IA à l’Éducation nationale : passer à l’échelle sans perdre de vue l’humain

L’intelligence artificielle (IA) entre peu à peu dans les écoles et les services administratifs. Pour une enseignante, elle peut aider à préparer une activité ou à adapter un texte au niveau de ses élèves. Mais elle ne connaît pas chaque enfant et ne peut pas remplacer le jugement d’un professionnel. La question est donc moins de savoir si l’IA peut être utilisée que de définir comment elle peut être utile, fiable et bien encadrée. La feuille de route 2026-2027 du ministère de l’Éducation nationale veut organiser ces usages à grande échelle. Le ministère accompagne environ 12 millions d’élèves et 1,2 million d’agents. Il souhaite dépasser les essais isolés et développer des outils qui répondent à des besoins concrets. Son principe central est clair : l’IA peut aider, mais la décision doit rester humaine. La première priorité est d’aider les enseignants et les autres personnels dans leur travail quotidien. L’IA pourrait, par exemple, proposer une première version d’une activité, aider à préparer une évaluation ou adapter un document. Ces propositions doivent toujours être relues et ajustées par le professionnel, qui connaît les élèves, leurs besoins et le contexte de la classe. Le ministère évoque aussi des outils qui pourraient accompagner les élèves dans leurs apprentissages, par exemple en les guidant par des questions plutôt qu’en leur donnant directement la réponse. Cette approche peut encourager la réflexion, mais elle ne garantit pas à elle seule un meilleur apprentissage. Il faudra vérifier que ces outils aident réellement les élèves à comprendre et à devenir plus autonomes. La deuxième priorité est de simplifier certaines tâches administratives. Des outils d’IA pourraient aider à rédiger ou à résumer des messages, à retrouver des informations ou à faciliter certaines démarches. Le temps ainsi gagné pourrait être consacré aux élèves, aux familles et aux missions qui demandent une attention particulière. Mais il faudra aussi compter le temps nécessaire pour vérifier les résultats et corriger les erreurs. La troisième priorité concerne les systèmes informatiques du ministère. Celui-ci souhaite disposer d’outils sûrs, mieux contrôlés et adaptés à ses besoins. Il ne suffit pas de choisir une technologie : les services doivent aussi pouvoir comprendre son fonctionnement, protéger les informations utilisées et vérifier que les outils remplissent correctement leur rôle. Pour que ces projets soient utiles, les personnels doivent être accompagnés et formés. Il ne s’agit pas seulement d’apprendre à poser une question à une IA. Il faut aussi savoir que ses réponses peuvent être fausses, incomplètes ou influencées par des biais. Les échanges entre professionnels et le partage d’expériences seront importants pour repérer les usages qui aident vraiment sur le terrain. La protection des élèves et des personnels doit rester une priorité. Les informations personnelles doivent être protégées, et les décisions importantes ne devraient pas reposer uniquement sur une réponse produite par un outil. Les utilisateurs doivent savoir quand l’IA intervient, pouvoir vérifier ses résultats et rester responsables de leurs choix professionnels. Cette feuille de route ouvre une nouvelle étape, mais son succès ne se mesurera pas au nombre d’outils installés. Il dépendra de leur utilité réelle, de leur fiabilité et de leur capacité à soutenir le travail des équipes sans affaiblir la relation humaine. Des évaluations menées avec les personnels et les élèves aideront à améliorer les pratiques et à décider, avec prudence, de la suite à donner. Référence Ministère de l’Éducation nationale. (2026). Une IA utile, humaine et souveraine pour les services publics : Feuille de route 2026–2027 du ministère de l’Éducation nationale. https://s3.rbx.io.cloud.ovh.net/sites-faciles/sites-faciles-alliance/documents/20260901_Synthese-FDR-IA_MEN_VF.pdf?X-Amz-Algorithm=AWS4-HMAC-SHA256&X-Amz-Credential=15b12783e5fa40bfbe2c5e8583b51f3e%2F20260930%2Frbx%2Fs3%2Faws4_request&X-Amz-Date=20260930T092831Z&X-Amz-Expires=3600&X-Amz-SignedHeaders=host&X-Amz-Signature=bcc4f55a1de35740b4afcc00aa0f15915b679d7d258dc649c1e8616cd703fc1d

French

De l’idée au prototype interactif : utiliser les Artifacts de Claude en thérapie

Imaginez pouvoir décrire une activité que vous aimeriez voir exister et obtenir un prototype interactif simple à explorer. Les Artifacts de Claude sont des créations autonomes, applications interactives, visualisations ou outils, par exemple, que Claude génère à partir d’une conversation. Vous pouvez les prévisualiser, demander à Claude de les modifier et, lorsque cette option est disponible, les partager avec d’autres personnes. Pour les thérapeutes, cela pourrait ouvrir de nouvelles possibilités pour soutenir les apprentissages, la communication, le mouvement et les compétences du quotidien, au-delà de la création d’une nouvelle fiche d’activité. Un thérapeute pourrait, par exemple, concevoir le prototype d’une activité visuelle dans laquelle une personne trie des objets, suit une séquence ou fait des choix dans une situation familière. L’activité pourrait intégrer des images, des sons, des consignes de mouvement ou de simples animations, puis être adaptée en fonction du rythme, des consignes ou du niveau de difficulté. Une routine interactive pourrait aider une personne à s’exercer à se préparer, à anticiper une transition ou à accomplir une tâche dans l’ordre. Un autre prototype pourrait l’inviter à suivre une séquence de mouvements, à choisir une image pour poursuivre une histoire, à associer une action à un son ou à s’exercer à demander de l’aide. Ce sont des pistes à explorer, et non des traitements prêts à l’emploi ni des substituts à une évaluation professionnelle. Plus largement, les thérapeutes peuvent expérimenter des idées qu’il serait autrement difficile ou coûteux de concrétiser. Une équipe pourrait créer un emploi du temps visuel simple, un jeu pour s’exercer à attendre son tour ou une animation illustrant un mouvement ou un concept. Le thérapeute apporte l’objectif et son expertise clinique ; l’IA peut aider à explorer les façons de donner forme à l’idée. Comment créer un Artifact Un prototype fonctionnel ne constitue pas automatiquement un outil thérapeutique adapté. Les activités générées par l’IA ne doivent pas être considérées comme des évaluations ou des interventions validées. Il incombe au thérapeute de déterminer si un outil convient à la personne, à ses objectifs et au contexte clinique. La confidentialité doit être protégée tout au long du processus : n’incluez dans les prompts ni les prototypes aucun nom, note de séance, renseignement permettant d’identifier un client ou information sensible le concernant. Respectez les politiques de votre lieu de travail et les recommandations professionnelles, et vérifiez les paramètres de partage avant toute publication. Claude peut aider à créer et à modifier une idée, mais il ne peut pas observer un client, exercer un jugement clinique ni assumer la responsabilité des soins. Les Artifacts peuvent donner forme à une idée de thérapeute et permettre de l’explorer et de l’adapter. Choisissez une activité que vous aimeriez voir exister, décrivez-la sans inclure d’informations sur un client et voyez quel prototype vous pouvez créer. Puis, exercez votre jugement professionnel pour déterminer s’il est utile et pour qui.

English

From Idea to Interactive Prototype: Using Claude Artifacts in Therapy

Imagine describing an activity you wish existed and getting a simple interactive prototype to explore. Claude Artifacts are stand-alone creations, such as interactive apps, visualizations, or tools, that Claude generates from a conversation. You can preview them, ask Claude to revise them, and, where available, share them with others. For therapists, this could mean exploring new ways to support learning, communication, movement, and everyday skills, not just drafting another worksheet. A therapist might prototype a visual activity where someone sorts objects, follows a sequence, or makes choices in a familiar situation. The activity could use pictures, sounds, movement prompts, or simple animations, then be adapted for pace, instructions, or level of challenge. An interactive routine might help someone practise getting ready, preparing for a transition, or completing a task in order. Another prototype could invite them to follow a movement pattern, choose a picture to continue a story, match an action to a sound, or practise asking for help. These are ideas to explore, not ready-made treatments or substitutes for professional assessment. The wider opportunity is that therapists can experiment with ideas that might otherwise be difficult or costly to build. A team could create a basic visual schedule, a turn-taking game, or an animation to demonstrate a movement or concept. The therapist brings the purpose and clinical expertise; AI can help explore how the idea might take shape. How to create an Artifact A working prototype is not automatically a suitable therapy tool. AI-generated activities should not be treated as validated assessments or interventions. The therapist remains responsible for deciding whether a tool fits the person, their goals, and the clinical context. Privacy matters throughout the process: do not include names, session notes, identifying details, or sensitive client information in prompts or prototypes. Follow workplace policies and professional guidance, and check sharing settings before publishing. Claude can help build and revise an idea, but it cannot observe a client, make clinical judgments, or take responsibility for care. Artifacts can turn a therapist’s idea into something tangible to explore and adapt. Start with one activity you wish existed, describe it without client information, and see what you can prototype, then use your professional judgment to decide whether it is useful, and for whom.

French

Ce que l’IA fait aux jeunes apprenants

L’intelligence artificielle (IA) fait désormais partie de la vie scolaire quotidienne. Plus de la moitié des adolescents américains déclarent utiliser des chatbots d’IA pour les aider dans leur travail scolaire. Pour les thérapeutes, les enseignants et les familles, la question importante n’est pas seulement de savoir si l’IA aide les élèves à obtenir de meilleures notes, mais aussi de comprendre comment elle peut influencer leur manière d’apprendre, de réfléchir et de résoudre les problèmes. Une étude menée en 2025 auprès de près de 1 000 lycéens a montré que les élèves utilisant ChatGPT amélioraient leurs performances en mathématiques de 48 %. Toutefois, lorsque ChatGPT était retiré, ces élèves obtenaient des résultats inférieurs de 17 % à ceux des élèves qui ne l’avaient jamais utilisé (Bastani et al., 2025). Cela laisse penser que les élèves peuvent réussir leurs tâches avec l’aide de l’IA sans avoir véritablement appris à les réaliser de manière autonome. Une des explications possibles est le déport cognitif. Ce terme désigne le fait d’utiliser un outil externe pour effectuer une partie du raisonnement à notre place. Les êtres humains ont toujours utilisé des outils tels que les calculatrices, les calendriers et les moteurs de recherche. Ces outils peuvent être utiles, mais des difficultés peuvent apparaître lorsque l’IA réalise l’essentiel du raisonnement au lieu de soutenir celui de l’élève. Les jeunes apprennent grâce à la pratique, aux erreurs et à l’effort. Lorsqu’ils rencontrent des difficultés face à un problème complexe, ils développent des compétences telles que l’attention, la mémoire, la planification et la persévérance. Si l’IA fournit immédiatement la réponse, les élèves peuvent éviter ce processus d’apprentissage essentiel. Ils peuvent terminer leur devoir plus rapidement, mais retenir moins d’informations par la suite. Cela ne signifie pas que toute difficulté est bénéfique. Les élèves ont besoin de soutien lorsque le travail est trop difficile ou lorsqu’ils se sentent dépassés. Toutefois, un certain niveau d’effort est nécessaire à l’apprentissage. Les thérapeutes et les enseignants devraient donc aider les élèves à utiliser l’IA comme un guide, et non comme un substitut à la réflexion. La même étude a montré que la manière dont l’IA est conçue fait une différence. Les élèves tiraient davantage profit du système lorsque celui-ci fournissait des indices et des explications au lieu de donner simplement la réponse finale. Ce type de soutien peut les encourager à réfléchir, à réessayer et à comprendre leurs erreurs. L’utilisation de l’IA devrait progressivement devenir moins nécessaire à mesure que l’élève gagne en confiance. Ces questions sont particulièrement importantes pour les jeunes qui présentent de l’anxiété, des difficultés attentionnelles, des troubles des apprentissages ou une faible confiance en eux. L’IA peut réduire le stress à court terme, mais une dépendance constante peut amener les élèves à croire qu’ils ne peuvent pas réussir sans aide technologique. Les thérapeutes devraient donc se demander non seulement : « L’élève a-t-il terminé la tâche? », mais aussi : « Qu’a-t-il compris et que peut-il faire de manière autonome? » L’IA peut néanmoins être utile dans l’éducation et la thérapie. Elle peut expliquer des notions complexes dans un langage plus simple, fournir des exemples, soutenir l’organisation ou proposer des retours. Toutefois, les professionnels doivent prendre en compte la confidentialité, l’exactitude, les biais et la possibilité que l’IA fournisse des informations affirmées avec assurance, mais incorrectes. Le jugement et la responsabilité humains doivent rester centraux. L’objectif ne devrait pas être d’empêcher les jeunes d’utiliser l’IA. Ils doivent plutôt apprendre à s’en servir de manière réfléchie. Les recherches futures devront examiner les effets à long terme de l’IA sur les apprentissages, la confiance en soi et la pensée autonome. Utilisée avec discernement, l’IA peut soutenir le développement; utilisée sans limites, elle peut réduire l’effort et la réflexion nécessaires à un véritable apprentissage. Références Bastani, H., Bastani, O., Sungu, A., Ge, H., Kabakcı, Ö. et Mariman, R. (2025). L’IA générative sans garde-fous peut nuire aux apprentissages : données issues de l’enseignement des mathématiques au secondaire. Proceedings of the National Academy of Sciences, 122(26), e2422633122. https://doi.org/10.1073/pnas.2422633122

French

Lorsque les dirigeants de l’IA déclarent : « Ralentissons »

Cette semaine, plusieurs figures majeures du secteur de l’IA ont exprimé la même inquiétude. Dario Amodei, d’Anthropic, a averti que l’IA se développait plus rapidement que prévu. Sam Altman, d’OpenAI, et Elon Musk, de xAI, ont soutenu ce message. Satya Nadella, directeur général de Microsoft, a également déclaré que la superintelligence, une IA qui pourrait devenir meilleure que les humains dans presque tous les domaines, ne devrait pas être développée sans contrôle humain. Le roi Charles réunit également des dirigeants de Nvidia, Google DeepMind, OpenAI et Anthropic afin de discuter de la sécurité de l’IA. En tant que thérapeutes, cette évolution nous préoccupe, car cet avertissement vient des personnes qui construisent ces systèmes. La superintelligence ne se limiterait pas à jouer aux échecs ou à écrire du code informatique. Elle pourrait potentiellement prendre des décisions, créer des informations et influencer les comportements humains à un niveau dépassant la compréhension humaine. Un système aussi puissant pourrait apporter des bénéfices importants, mais également causer de graves préjudices s’il était mal contrôlé. Des films populaires tels que 2001 : l’Odyssée de l’espace et Terminator présentent souvent l’IA comme dangereuse. Ces récits sont exagérés, mais ils soulèvent une question bien réelle : que se passe-t-il lorsque la technologie devient plus puissante que les personnes qui l’utilisent? L’inquiétude principale n’est pas nécessairement que l’IA devienne un « robot tueur ». La préoccupation plus profonde est que les êtres humains puissent perdre le contrôle de systèmes qu’ils ne comprennent pas pleinement. Pour les thérapeutes, cette question est directement liée au comportement humain et à la santé mentale. L’IA influence déjà la manière dont les individus apprennent, communiquent, travaillent et prennent des décisions. Certaines personnes pourraient accorder davantage de confiance à l’IA qu’aux professionnels, tandis que d’autres pourraient devenir émotionnellement dépendantes des systèmes d’IA. Ces changements pourraient avoir des répercussions sur les relations, la confiance en soi, l’attention, la prise de décision et le développement social. L’IA peut être utile en thérapie et en réadaptation. Elle peut soutenir la documentation, fournir du matériel éducatif, faciliter la communication ou aider les professionnels à organiser les informations. Toutefois, elle peut également donner des réponses inexactes, mal interpréter les émotions ou reproduire les biais présents dans ses données d’entraînement. Une réponse qui semble bienveillante et professionnelle peut néanmoins être cliniquement dangereuse. Un thérapeute comprend l’histoire, les émotions, la culture, les relations et la communication non verbale du patient. L’IA ne possède ni expérience humaine ni responsabilité professionnelle. Elle ne peut pas comprendre pleinement ce qui se cache derrière le silence, la peur, la résistance ou le récit personnel d’un patient. L’expression « ralentir » ne signifie pas nécessairement mettre fin au développement de l’IA. Elle peut signifier tester les systèmes plus rigoureusement, étudier leurs risques, protéger les données privées et instaurer des limites claires avant d’autoriser l’IA à prendre des décisions importantes. Dans la pratique clinique, l’utilisation de l’IA s’apparente à l’introduction d’un nouveau traitement : les professionnels ont besoin de données probantes, d’un suivi de la sécurité et d’un jugement rigoureux avant de l’utiliser à grande échelle. Pendant cette période de développement rapide, nous avons également, en tant que professionnels de santé, une responsabilité importante. Nous devons orienter la manière dont l’IA est intégrée à notre pratique, comprendre ses limites et prendre en compte ses conséquences éthiques. Cela ne signifie pas refuser d’utiliser l’IA, mais l’employer avec discernement, prudence et une conscience suffisante de ses enjeux pour protéger les patients et préserver les standards professionnels. La question importante est de savoir si ces avertissements publics entraîneront de véritables changements. Les entreprises d’IA modifieront-elles leurs projets, retarderont-elles les systèmes présentant des risques et établiront-elles des règles de sécurité plus strictes? Ou tiendront-elles un discours responsable en public tout en continuant à se livrer une compétition en privé? Les paroles ont leur importance, mais la véritable responsabilité doit se traduire par des décisions transparentes et des limites mesurables. En tant que thérapeutes, chercheurs et membres de la société, nous sommes tous confrontés à la même question : jusqu’où l’IA doit-elle aller? L’IA pourrait améliorer les soins de santé et la vie humaine, mais le progrès ne devrait pas être mesuré uniquement en fonction de ce que la technologie peut accomplir. Il devrait également être évalué selon sa capacité à protéger la dignité humaine, la sécurité, les relations et la responsabilité professionnelle.

English

What AI Is Doing to Young Learners

Artificial intelligence (AI) is becoming part of everyday school life. More than half of U.S. teenagers say they use AI chatbots to help with schoolwork. For therapists, educators, and families, the important question is not only whether AI helps students get better grades, but also how it may affect the way they learn, think, and solve problems. A 2025 study of almost 1,000 high school students found that students using ChatGPT improved their mathematics performance by 48%. However, when ChatGPT was removed, these students performed 17% worse than students who had never used it (Bastani et al., 2025). This suggests that students may complete tasks successfully with AI without fully learning how to do the work independently. One reason may be cognitive offloading. This means using an outside tool to do part of the thinking for us. People have always used tools such as calculators, calendars, and search engines. These tools can be helpful, but problems may occur when AI does the main thinking instead of supporting the student’s own reasoning. Young people learn through practice, mistakes, and effort. When students struggle with a difficult problem, they develop skills such as attention, memory, planning, and persistence. If AI immediately provides the answer, students may avoid this important learning process. They may finish the assignment more quickly but remember less afterward. This does not mean that all struggle is helpful. Students need support when work is too difficult or when they feel overwhelmed. However, some level of effort is necessary for learning. Therapists and educators should therefore help students use AI as a guide, not as a replacement for thinking. The same study showed that the way AI is designed makes a difference. Students benefited more when the system gave hints and explanations instead of simply providing the final answer. This type of support can encourage students to think, try again, and understand their mistakes. AI should gradually become less necessary as the student becomes more confident. These issues are especially important for young people with anxiety, attention difficulties, learning disabilities, or low confidence. AI may reduce stress in the short term, but constant dependence on it may make students believe they cannot succeed without technological help. Therapists should therefore ask not only, “Did the student complete the task?” but also, “What did the student understand and what can they do independently?” AI can still be useful in education and therapy. It may explain difficult ideas in simpler language, provide examples, support organisation, or offer feedback. However, professionals must consider privacy, accuracy, bias, and the possibility that AI may give confident but incorrect information. Human judgment and responsibility must remain central. The goal should not be to stop young people from using AI. Instead, they need to learn how to use it wisely. Future research should examine the long-term effects of AI on learning, confidence, and independent thinking. Used carefully, AI can support development; used without limits, it may reduce the effort and reflection that real learning requires. References Bastani, H., Bastani, O., Sungu, A., Ge, H., Kabakcı, Ö., & Mariman, R. (2025). Generative AI without guardrails can harm learning: Evidence from high school mathematics. Proceedings of the National Academy of Sciences, 122(26), e2422633122. https://doi.org/10.1073/pnas.2422633122

English

When AI Leaders Say: “Slow Down”

This week, several major AI leaders raised the same concern. Dario Amodei of Anthropic warned that AI is developing faster than expected. Sam Altman of OpenAI and Elon Musk of xAI supported his message. Microsoft CEO Satya Nadella also said that superintelligence, AI that could become better than humans at almost everything, should not be developed without human control. King Charles is also bringing leaders from Nvidia, Google DeepMind, OpenAI, and Anthropic together to discuss AI safety. As therapists, we find this development concerning because the warning is coming from the people building these systems. Superintelligence would not be limited to playing chess or writing computer code. It could potentially make decisions, create information, and influence human behaviour at a level beyond human understanding. A system this powerful could bring important benefits, but it could also cause serious harm if it is poorly controlled. Popular films such as 2001: A Space Odyssey and The Terminator often present AI as dangerous. These stories are exaggerated, but they raise a real question: what happens when technology becomes more powerful than the people using it? The main concern is not necessarily that AI will become a “killer robot.” The deeper concern is that people may lose control over systems they do not fully understand. For therapists, this question connects directly to human behaviour and mental health. AI already influences how people learn, communicate, work, and make decisions. Some individuals may trust AI more than professionals, while others may become emotionally dependent on AI systems. These changes could affect relationships, self-confidence, attention, decision-making, and social development. AI can be helpful in therapy and rehabilitation. It may support documentation, provide educational material, assist with communication, or help professionals organise information. However, it can also give incorrect answers, misunderstand emotions, or reflect bias in its training data. A response that sounds caring and professional may still be clinically unsafe. A therapist understands the patient’s history, emotions, culture, relationships, and nonverbal communication. AI does not have human experience or professional responsibility. It cannot fully understand the meaning behind a patient’s silence, fear, resistance, or personal story. The phrase “slow down” does not necessarily mean stopping all AI development. It may mean testing systems more carefully, studying their risks, protecting private data, and creating clear limits before allowing AI to make important decisions. In clinical practice, using AI is similar to introducing a new treatment: professionals need evidence, safety monitoring, and careful judgment before using it widely. During this period of rapid development, we, as healthcare professionals, also have an important responsibility. We need to guide how AI is integrated into our practice, understand its limitations, and consider its ethical consequences. This does not mean refusing to use AI; it means using it wisely, carefully, and with enough awareness to protect patients and maintain professional standards. The important question is whether these public warnings will lead to real changes. Will AI companies change their plans, delay risky systems, and create stronger safety rules? Or will they speak responsibly in public while continuing to compete privately? Words are valuable, but genuine responsibility must be shown through transparent decisions and measurable limits. As therapists, researchers, and members of society, we are all facing the same question: How far should AI go? AI may improve healthcare and human life, but progress should not be measured only by what technology can do. It should also be measured by whether it protects human dignity, safety, relationships, and professional accountability.

French

L’algorithme est dans la pièce : repenser l’IA dans l’éducation et la thérapie

L’intelligence artificielle entre déjà dans les salles de classe, les universités et les formations cliniques. Les étudiants l’utilisent pour rédiger, traduire, étudier et recevoir des retours, tandis que les enseignants et les thérapeutes peuvent s’en servir pour organiser les informations et soutenir les apprenants. Pourtant, la question centrale n’est pas de savoir si l’IA remplacera les enseignants, mais plutôt de déterminer la place que nous souhaitons lui accorder dans l’éducation. Aujourd’hui, les différents systèmes éducatifs adoptent des approches très diverses. Certaines écoles et plateformes éducatives intègrent l’IA à l’enseignement et aux apprentissages, tandis que d’autres restreignent ou interdisent temporairement l’utilisation d’outils d’IA générative destinés aux étudiants. Des outils comme Khanmigo, développé par Khan Academy, soutiennent le tutorat, l’apprentissage guidé, la préparation des cours et d’autres tâches éducatives, tandis que MagicSchool aide les enseignants à organiser les activités en classe et à soutenir l’enseignement. Ce contraste alimente un débat important : faut-il protéger les étudiants de l’IA ou leur apprendre à l’utiliser de manière responsable? Du point de vue du thérapeute, l’éducation est étroitement liée à l’attention, à la motivation, à la communication, au développement émotionnel et à la confiance en soi. L’IA peut fournir des explications, générer des idées et soutenir les étudiants présentant un handicap ou des difficultés linguistiques. Toutefois, les apprenants ont toujours besoin d’occasions de penser de manière autonome, de faire des erreurs, de communiquer, de collaborer et de développer leur propre raisonnement. L’évaluation devra peut-être également évoluer. Un étudiant peut remettre un devoir impressionnant généré par l’IA sans véritablement comprendre les notions abordées. Les professionnels de l’éducation pourraient donc devoir évaluer le raisonnement, la réflexion, la discussion et la capacité à appliquer les connaissances, plutôt que de se limiter à la réponse finale. Les systèmes d’IA peuvent commettre des erreurs, renforcer des biais et mal comprendre les étudiants issus de milieux culturels, linguistiques ou sociaux différents. Une recommandation produite par l’IA ne devrait jamais être considérée comme un diagnostic ou une décision définitive. Les thérapeutes et les enseignants doivent tenir compte de l’histoire de la personne, de son environnement, de son style de communication et de son expérience vécue. La protection de la vie privée et l’égalité sont tout aussi importantes. Tous les étudiants ne disposent pas du même accès à la technologie, à Internet ou à un accompagnement adapté. Les établissements d’enseignement doivent expliquer comment les informations sont recueillies et utilisées, tout en veillant à ce que l’IA n’accroisse pas les discriminations et n’exclue pas les apprenants vulnérables. Le débat ne devrait pas se limiter à l’opposition « IA ou absence d’IA ». Nous devons nous demander ce que les étudiants doivent apprendre sans l’IA, ce qu’ils peuvent apprendre avec elle et dans quelles situations l’accompagnement humain doit rester central. L’enseignement, l’empathie, la créativité, le raisonnement éthique et les relations significatives ne peuvent pas être remplacés par des réponses automatisées. L’algorithme est déjà dans la pièce. Nous ne devons ni le craindre ni le suivre aveuglément. L’objectif est d’aider les enseignants, les thérapeutes, les étudiants et l’IA à travailler ensemble, tout en veillant à ce que la technologie soutienne le processus d’apprentissage.

French

MedGemma : ce que les thérapeutes et les professionnels de santé doivent savoir

Les professionnels de santé travaillent souvent avec une quantité considérable d’informations : notes cliniques, résultats d’évaluations, comptes rendus médicaux et antécédents des patients. La lecture, l’organisation et l’examen de l’ensemble de ces données peuvent prendre un temps précieux. C’est dans ce contexte que MedGemma pourrait se révéler utile. MedGemma est un modèle d’IA médicale développé par Google. Il repose sur le modèle Gemma 3 et a été adapté pour traiter des informations liées à la santé, notamment des textes et des images médicales. En termes simples, il est conçu pour aider les professionnels à comprendre et à gérer plus efficacement les informations médicales. MedGemma n’est ni un médecin, ni un thérapeute, ni un système capable de prendre seul des décisions cliniques. Il ne remplace ni l’expérience professionnelle ni la compréhension humaine. Il peut plutôt soutenir certaines tâches quotidiennes, comme résumer des dossiers, expliquer des termes médicaux, organiser des informations ou préparer du matériel pédagogique. L’une de ses possibilités intéressantes concerne son rôle dans le raisonnement clinique. Dans une situation complexe, MedGemma peut contribuer à organiser les informations disponibles, à repérer des éléments manquants, à suggérer des questions ou à signaler des domaines nécessitant des investigations supplémentaires. Cela peut aider les professionnels à examiner une situation sous différents angles, mais ses suggestions doivent toujours être soigneusement vérifiées. Comparé aux outils d’IA généralistes, MedGemma a été spécifiquement adapté aux applications médicales. Il pourrait donc être davantage approprié pour certaines tâches liées aux soins de santé. Toutefois, le fait qu’il s’agisse d’un modèle médical ne signifie pas qu’il soit toujours exact. Ses performances dépendent de la qualité des informations fournies ainsi que de la manière dont l’outil a été développé et utilisé. Pour les thérapeutes, un outil reposant sur MedGemma pourrait résumer les antécédents détaillés d’un patient avant une séance ou aider à organiser les informations provenant de différents rapports. Il pourrait également soutenir la psychoéducation, les discussions de cas, la supervision ou la recherche. En réduisant certaines tâches administratives, il pourrait permettre aux thérapeutes de consacrer davantage de temps à l’écoute et à la relation avec leurs patients. Dans certaines applications, il pourrait également contribuer à l’interprétation d’images médicales. Toutefois, le modèle peut mal comprendre certaines informations, manquer des éléments importants ou fournir une réponse convaincante, mais incorrecte. MedGemma étant un modèle à poids ouverts, il peut être téléchargé et adapté à différents projets. Selon la version utilisée et le matériel disponible, il peut fonctionner localement sur un ordinateur ou un serveur organisationnel, ou être utilisé par l’intermédiaire de systèmes infonuagiques. Le modèle lui-même peut être accessible gratuitement, mais les utilisateurs peuvent néanmoins devoir financer le matériel, les services infonuagiques, le développement logiciel, la sécurité et la maintenance. L’utilisation locale peut aider les organisations à conserver les informations sensibles au sein de leurs propres systèmes. Toutefois, le fonctionnement local ne garantit pas automatiquement la confidentialité ni la sécurité. Les équipes de santé doivent toujours prendre en compte le consentement des patients, la protection des données, la cybersécurité, les contrôles d’accès et la conservation sécurisée des dossiers. MedGemma présente également des limites claires. Il peut rencontrer des difficultés face à des pathologies rares, à des informations incomplètes, à des images de mauvaise qualité ou à des situations très différentes des données utilisées lors de son entraînement. Pour cette raison, les professionnels doivent toujours confronter ses résultats aux antécédents du patient, à sa présentation clinique actuelle, aux recommandations professionnelles et à leur propre expertise. Dans l’ensemble, MedGemma doit être considéré comme un outil de soutien en cours de développement. Utilisé de manière réfléchie, il pourrait aider les thérapeutes et les cliniciens à gérer les informations, à préparer les séances et à soutenir la recherche et la formation. Sa plus grande valeur résidera dans l’association de ses capacités techniques avec le jugement humain, l’empathie et la responsabilité professionnelle.

English

MedGemma: What Therapists and Healthcare Professionals Should Know

Healthcare professionals often work with a huge amount of information: clinical notes, assessment results, medical reports, and patient histories. Reading, organizing, and reviewing all of this can take valuable time. This is where MedGemma may become useful. MedGemma is a medical AI model developed by Google. It is based on the Gemma 3 model and adapted to work with healthcare-related information, including medical text and images. In simple terms, it is designed to help professionals understand and manage medical information more efficiently. MedGemma is not a doctor, therapist, or independent clinical decision-maker. It does not replace professional experience or human understanding. Instead, it can support everyday tasks such as summarizing records, explaining medical terms, organizing information, and preparing educational materials. One interesting possibility is its role in clinical reasoning. In a complex case, MedGemma may help organize the available information, identify missing details, suggest questions, or highlight areas that need further investigation. This can help professionals look at a case from different angles, but its suggestions must always be reviewed carefully. Compared with general AI tools, MedGemma has been specifically adapted for medical applications. This may make it more suitable for healthcare-related tasks. However, being a medical model does not mean that it is always correct. Its performance depends on the quality of the information provided and the way the tool is developed and used. For therapists, a MedGemma-based tool could summarize a long patient history before a session or help organize information from different reports. It might also support psychoeducation, case discussions, supervision, or research. By reducing some administrative work, it could give therapists more time to focus on listening and connecting with their patients. In some applications, it may also help interpret medical images. Still, the model can misunderstand information, miss important details, or provide an answer that sounds convincing but is incorrect. Because MedGemma is an open-weight model, it can be downloaded and adapted for different projects. Depending on the version and available equipment, it may be used locally on a computer or organizational server, or through cloud-based systems. The model itself may be freely available, but users may still need to pay for hardware, cloud services, software development, security, and maintenance. Using the model locally may help organizations keep sensitive information within their own systems. However, local use does not automatically guarantee privacy or safety. Healthcare teams still need to consider patient consent, data protection, cybersecurity, access controls, and secure record keeping. MedGemma also has clear limitations. It may struggle with rare conditions, incomplete information, poor-quality images, or cases that are very different from the data used during training. For this reason, professionals should always compare its outputs with the patient’s history, current presentation, clinical guidelines, and their own expertise. Overall, MedGemma should be seen as a developing support tool. Used thoughtfully, it may help therapists and clinicians manage information, prepare for sessions, and support research and education. Its greatest value will come from combining its technical abilities with human judgment, empathy, and responsibility.

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