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Ce que Gemini 4 Argon pourrait apporter aux thérapeutes

Pour les thérapeutes, l’intérêt d’un nouveau modèle d’IA ne se mesure pas à sa place dans un classement de performances. La vraie question est de savoir s’il peut faciliter le travail quotidien et libérer du temps pour les patients. Gemini 4 Argon est conçu pour traiter des tâches complexes et de grandes quantités d’informations. Il pourrait donc se révéler utile pour les tâches comportant plusieurs étapes, même si son intérêt en thérapie n’a pas encore été établi par la recherche clinique. L’une de ses applications pratiques pourrait être l’organisation de longues notes désidentifiées. Un·e thérapeute pourrait demander à Argon de regrouper les observations par thèmes, comme la communication, les activités quotidiennes ou la participation. Il ou elle pourrait ensuite comparer le résumé aux notes d’origine et s’en servir comme point de départ pour préparer un rapport. Argon pourrait également aider à adapter les informations à différents publics. Un·e thérapeute pourrait lui demander d’expliquer un terme clinique en anglais courant à une famille ou de rendre un projet de rapport plus facile à comprendre. Cela pourrait être particulièrement utile lorsque les familles ont du mal à saisir le langage professionnel. Le ou la thérapeute devrait néanmoins relire le texte pour s’assurer qu’il est exact, respectueux et adapté à la famille concernée. Lors de la préparation des séances, un·e thérapeute pourrait demander à Argon de proposer plusieurs idées d’activités en lien avec un objectif précis, par exemple aider un enfant à s’entraîner à s’habiller ou à participer à un jeu de groupe. Il ou elle pourrait ensuite sélectionner et adapter les propositions en fonction des capacités, des intérêts et de la culture du patient, ainsi que de son environnement quotidien. L’intérêt résiderait dans l’éventail plus large de possibilités, et non dans la production d’un plan de traitement prêt à l’emploi. Argon pourrait aussi aider à accomplir des tâches chronophages qui ne mobilisent pas toute l’attention clinique du ou de la thérapeute : préparer la trame d’un rapport, élaborer des questions pour une réunion d’équipe ou organiser des notes de recherche, par exemple. Sa capacité à traiter des tâches en plusieurs étapes pourrait faciliter leur enchaînement. Toutefois, les thérapeutes devraient tester ces usages dans leur propre contexte plutôt que de présumer que le modèle leur fera gagner du temps ou améliorera les soins. Que ne peut pas faire l’IA ? Elle ne peut pas instaurer la confiance qui se construit dans la relation thérapeutique, repérer chaque changement dans l’expression ou le comportement d’un patient, ni comprendre pleinement le vécu d’une famille. Elle peut suggérer des éléments à prendre en considération, mais elle ne peut assumer la responsabilité de déterminer ce qui compte le plus pour une personne donnée. Il ne faudrait pas non plus considérer Argon comme particulièrement performant simplement parce qu’il est nouveau ou qu’il obtient de bons résultats aux tests publiés par l’entreprise. Ces résultats ne démontrent pas qu’il est plus exact que d’autres outils d’IA pour les tâches cliniques. Le modèle peut mal interpréter des informations ou produire une réponse erronée avec assurance ; ses résultats doivent donc être vérifiés par une personne. La confidentialité et la responsabilité doivent guider son utilisation. Les thérapeutes ne devraient pas saisir de renseignements permettant d’identifier un patient, à moins que leur organisation n’ait approuvé l’outil et les mesures de protection de la vie privée qu’il offre. Ils devraient informer les patients lorsque l’IA a contribué à la préparation de documents et rester responsables des décisions prises à partir de ses suggestions. Gemini 4 Argon pourrait surtout servir d’assistant pour organiser des informations, les simplifier et proposer des idées, mais pas de thérapeute. Les recherches devraient maintenant déterminer s’il réduit réellement le travail administratif, améliore la communication ou aide les cliniciens à préparer les soins. Son succès ne se mesurera pas à ce qu’il peut accomplir seul, mais à sa capacité à soutenir les thérapeutes tout en laissant le jugement clinique et les relations humaines au cœur des soins.

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L’IA et l’ergothérapie auprès des enfants présentant un TDC : accompagner les familles sans remplacer les thérapeutes

Un enfant présentant un trouble développemental de la coordination (TDC) peut avoir du mal à écrire à la main, à s’habiller, à pratiquer un sport ou à suivre le rythme des activités en classe. Ces difficultés peuvent affecter sa confiance en lui et sa participation, au-delà de ses seules capacités motrices. L’ergothérapie aide les enfants à prendre part aux activités qui comptent pour eux. Elle s’appuie sur une collaboration avec la famille et l’école afin que les exercices s’intègrent à la vie quotidienne. Un essai randomisé mené en 2025 a évalué un programme d’ergothérapie assisté par l’IA auprès de 42 enfants âgés de 8 à 12 ans et présentant un risque de TDC. Les enfants du groupe d’intervention ont suivi deux séances de thérapie par semaine pendant huit semaines. Leur écriture manuscrite s’est améliorée en vitesse, en alignement, en taille, en espacement, en forme et en lisibilité. Ces résultats sont encourageants, mais la petite taille de l’échantillon ne permet pas de savoir si les progrès se sont maintenus ni s’ils se sont généralisés à l’écriture quotidienne en classe (Demirci et al., 2025). Une seconde étude cherche à déterminer si les parents peuvent encadrer à domicile des exercices neuromoteurs avec l’aide d’un système d’analyse des mouvements par l’IA. Il s’agit d’un protocole d’essai, et non d’un compte rendu de résultats. Le protocole décrit une étude prévue auprès de 62 enfants présentant un TDC. Celle-ci comparera la physiothérapie conventionnelle à cette même approche, complétée par un programme de 12 semaines encadré par les parents. L’analyse vidéo doit permettre d’estimer certaines caractéristiques du mouvement, comme la coordination, la symétrie et la vitesse. Les résultats de l’essai seront nécessaires pour savoir si cette approche est bénéfique (Hullumani et Qureshi, 2026). Dans leur ensemble, ces études mettent en évidence deux utilisations possibles de l’IA : soutenir un programme thérapeutique ciblé, par exemple des exercices d’écriture manuscrite, et aider les familles à observer les mouvements de l’enfant lors d’activités à domicile. En d’autres termes, l’IA pourrait mesurer certaines caractéristiques visibles dans une vidéo et contribuer au suivi de leur évolution. Mais une mesure ne suffit pas à comprendre un enfant : la position de la caméra, l’éclairage, les vêtements et la façon de bouger propre à chaque enfant peuvent influer sur ce que le système détecte. Les résultats doivent donc être vérifiés avec soin. Pour les ergothérapeutes, l’IA pourrait aider à organiser les informations sur les progrès, à suggérer des activités à discuter et à suivre l’évolution des mouvements avec la pratique. À l’avenir, elle pourrait aussi contribuer au travail sur l’équilibre, la motricité manuelle, la planification, l’attention ou les routines quotidiennes. Il s’agit de possibilités à évaluer, et non de bénéfices établis. Les thérapeutes doivent vérifier que les propositions générées par l’IA sont adaptées aux objectifs et aux capacités de l’enfant, ainsi qu’à sa culture et à son environnement familial ou scolaire. Les parents pourraient-ils remplacer un·e thérapeute avec l’aide de l’IA ? L’IA peut les aider à faire pratiquer certaines activités entre les séances, mais elle ne doit se substituer ni à une évaluation professionnelle ni à un accompagnement individualisé. Les parents connaissent bien leur enfant et peuvent intégrer les exercices à la vie quotidienne. Les thérapeutes, quant à eux, disposent de la formation clinique nécessaire pour interpréter les difficultés, adapter les tâches et intervenir si les progrès stagnent ou si une nouvelle préoccupation apparaît. Un programme encadré par les parents est plus efficace lorsqu’il s’inscrit dans un partenariat, avec des consignes claires et la possibilité de solliciter l’avis d’un·e thérapeute. Le rôle du ou de la thérapeute pourrait donc évoluer, mais il ne disparaît pas. Les ergothérapeutes peuvent définir avec l’enfant et sa famille des objectifs qui ont du sens, encadrer les exercices pour qu’ils se déroulent en toute sécurité, interpréter les informations produites par l’IA et adapter le programme au besoin. Ils aident également à relier les progrès moteurs à la participation dans la vie quotidienne : jouer, faire ses devoirs ou s’habiller de façon autonome. Ils doivent expliquer les limites de l’IA, protéger les données des enfants, repérer les biais éventuels et rester responsables des décisions cliniques. La prochaine étape consiste à déterminer, par des recherches supplémentaires, si ces programmes améliorent la participation dans la vie quotidienne, si leurs effets perdurent et si les familles peuvent les utiliser facilement. L’IA pourrait faciliter les exercices et leur suivi, notamment dans les régions où l’accès aux services de thérapie est limité. Son utilité dépendra de notre capacité à préserver la dimension humaine des soins : écouter les enfants, accompagner les familles et aider chaque enfant à gagner en confiance et en autonomie. Références Demirci, O., Guney Yilmaz, G., et Köse, B. (2025). Artificial intelligence-supported occupational therapy program on handwriting skills in children at risk for developmental coordination disorder: Randomized controlled trial. Research in Developmental Disabilities, 161, 105009. https://doi.org/10.1016/j.ridd.2025.105009 Hullumani, S., et Qureshi, I. (2026). Development, validation and effectiveness of a parents led neuromotor training module with AI-based movement analysis for improving motor proficiency and sports participation in children with developmental coordination disorder: A protocol for an assessor-blinded randomized superiority controlled trial. Frontiers in Human Neuroscience, 20, 1931622. https://doi.org/10.3389/fnhum.2026.1931622

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Un assistant qui poursuit ses tâches : ce que les ChatGPT Dots pourraient apporter aux thérapeutes

Imaginez que vous prépariez une réunion d’équipe tout en accueillant des clients, en rédigeant des notes et en planifiant des séances de thérapie. Un outil capable de rassembler des informations approuvées et de préparer un projet de synthèse pourrait alléger cette charge de travail. Pour les thérapeutes, la question essentielle est de savoir comment les Dots pourraient les aider sans se substituer à leur jugement clinique. OpenAI a lancé les Dots en septembre 2026. Ces agents persistants s’appuient sur GPT-6 Astra, disposent d’ordinateurs dans le cloud et peuvent accéder à des outils connectés. Selon l’entreprise, ils peuvent prendre en charge des tâches récurrentes et assurer un suivi par l’intermédiaire de ChatGPT, de SMS, de courriels et de Slack. Le tableau ci-dessous présente quatre fonctions susceptibles d’intéresser les thérapeutes, ainsi que des exemples concrets : Fonction Ce que l’outil peut faire Exemple d’utilisation 🔍 1. Rechercher et organiser des informations Parcourir des sources connectées, examiner des documents, résumer des résultats, comparer des informations et repérer les mises à jour pertinentes. Lui demander d’organiser des articles de recherche sur les fonctions exécutives chez l’enfant, d’en résumer les principaux résultats et de préparer une liste de sources à vérifier. 📋 2. Gérer des projets dans la durée Suivre un projet, en surveiller l’avancement, repérer les tâches inachevées, adapter les plans lorsque les priorités changent et rappeler les prochaines étapes. Lui demander de gérer le calendrier des publications Instagram en ergothérapie pour le mois à venir, de suivre les contenus déjà rédigés et de suggérer les prochaines tâches. ✍️ 3. Créer du contenu et des documents Rédiger, réviser et mettre à jour des documents, des présentations, des rapports, des infolettres et des publications pour les réseaux sociaux. L’outil peut tenir compte des retours formulés sur plusieurs contenus liés. Lui fournir la transcription d’un entretien sur l’IA en thérapie et lui demander de préparer une infolettre, plusieurs propositions de publications pour les réseaux sociaux et une synthèse destinée aux thérapeutes. ⚙️ 4. Automatiser des processus de travail Utiliser des applications connectées et son propre ordinateur pour accomplir des tâches en plusieurs étapes, manipuler des fichiers et exécuter des actions approuvées. Lui demander d’examiner les courriels pertinents, de classer les documents du projet, de préparer un brouillon de réponse et de demander votre approbation avant de l’envoyer. Les informations cliniques doivent toutefois être interprétées dans leur contexte. Une variation des performances d’un client peut être liée à la douleur, à la fatigue, à l’environnement ou à ses objectifs personnels. Un Dot peut organiser les informations, mais pas nécessairement comprendre ce qui les rend importantes. Il revient aux thérapeutes de vérifier les résultats et d’en déterminer la signification. Mieux vaut commencer par des tâches simples, à faible risque et faciles à vérifier. Une équipe pourrait, par exemple, demander à un Dot de préparer un projet d’ordre du jour ou de résumer des données de présence désidentifiées. En revanche, il ne devrait pas évaluer un client de manière autonome, recommander un traitement ni transmettre des conseils cliniques. La confidentialité exige également une attention particulière. Avant d’utiliser un Dot, les thérapeutes devraient vérifier les règles de leur organisation, les informations auxquelles l’outil peut accéder et la manière dont celles-ci sont traitées. Les données des patients ne devraient être utilisées que dans des systèmes approuvés par l’organisation, avec des autorisations et des mesures de protection clairement définies. OpenAI indique que les Dots peuvent conserver le contexte des conversations et des applications connectées pendant toute leur durée d’existence. Les équipes devraient donc comprendre comment les données sont traitées avant d’utiliser ces outils. Les chercheurs pourraient se servir des Dots pour repérer des informations manquantes ou préparer des projets de mise à jour sur un projet. Toutefois, un Dot ne devrait ni modifier les données d’une étude ni se substituer aux méthodes de recherche prévues. Les chercheurs doivent vérifier son travail et consigner clairement la manière dont les résultats ont été produits. L’IA peut se tromper, omettre des éléments importants ou reproduire les biais présents dans les informations qu’elle utilise. Comme ses réponses peuvent sembler convaincantes, il ne faut pas les tenir d’emblée pour exactes. Les thérapeutes et les chercheurs restent responsables de la vérification des résultats, de la protection des informations et des décisions prises. Les Dots pourraient se révéler utiles s’ils prennent en charge des tâches courantes tout en laissant le contrôle aux personnes. Les équipes peuvent commencer par une tâche bien délimitée, puis vérifier si l’outil est fiable, s’il leur fait gagner du temps et s’il s’intègre à leur organisation. L’objectif n’est pas d’automatiser les soins, mais d’alléger une partie du travail qui les entoure afin que les thérapeutes puissent consacrer davantage de temps à leurs clients.

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GPT-6 Sol et Luna : une aide concrète pour les thérapeutes

OpenAI a lancé GPT-6 Sol et GPT-6 Luna environ 90 minutes après l’annonce de Claude Opus 5.5 par Anthropic. OpenAI indique que ces nouveaux modèles coûtent moins cher que ses modèles précédents. Pour les thérapeutes, la question essentielle n’est pas seulement celle du prix : ces outils peuvent-ils faciliter le travail quotidien tout en préservant la sécurité et la dimension personnelle des soins ? L’IA peut faciliter les tâches de rédaction et d’organisation. Elle peut, par exemple, rédiger une explication simple de l’anxiété, proposer des questions pour une discussion de groupe ou préparer une première version d’un exercice à réaliser entre les séances. Ces exemples sont donnés à titre indicatif et ne constituent pas des garanties. Le meilleur choix dépend de la tâche et de l’utilité réelle du résultat dans votre pratique. Pour voir comment ils pourraient s’intégrer à notre travail, nous avons examiné les tâches auxquelles chacun semble le mieux adapté : GPT-6 Sol : pour les tâches plus complexes Considérez Sol comme l’option la plus adaptée aux tâches qui exigent un raisonnement approfondi ou comportent plusieurs étapes. Il peut aider à résumer des recherches, à analyser de longs documents, à examiner des réglementations et des recommandations, ou à transformer des informations en supports ou en plans pratiques. Un thérapeute pourrait l’utiliser pour rassembler des informations, planifier un atelier détaillé ou préparer une première version d’un support de formation. OpenAI présente Sol comme un modèle aux performances proches d’Astra, mais moins coûteux. Ses réponses doivent néanmoins être vérifiées afin d’en confirmer l’exactitude et la pertinence au regard de vos besoins cliniques. GPT-6 Luna : pour les tâches rapides du quotidien Considérez Luna comme une option rapide et efficace. Elle peut être utile pour des tâches ciblées : reformuler un paragraphe dans un langage plus simple, traduire un texte, rédiger un courriel, résumer des notes ou proposer des idées. Elle peut également faciliter les tâches répétitives et répondre rapidement à des questions. Un thérapeute pourrait, par exemple, utiliser Luna pour obtenir rapidement des informations générales, rédiger des courriels, traduire un texte ou créer du matériel thérapeutique. Il pourrait lui demander de rendre un support plus facile à lire ou de proposer plusieurs façons d’expliquer une stratégie d’adaptation. Le thérapeute peut ensuite sélectionner et modifier la version qui lui convient le mieux. Sol et Luna en un coup d’œil Copy table Sol Luna Idéal pour Les tâches complexes ou détaillées Les tâches courantes et répétitives Raisonnement Les tâches en plusieurs étapes Les demandes ciblées Vitesse Rapide Très rapide Exemples Analyse de longs documents, planification, synthèse de recherches Reformulation, traduction, courriels, résumés, recherche d’idées Coût Plus élevé que celui de Luna Plus faible Pour commencer, choisissez une tâche simple et peu risquée. Vous pourriez demander à l’outil de simplifier un support ou de proposer différentes façons d’expliquer une stratégie d’adaptation. Vérifiez ensuite que le résultat est exact, clair, respectueux et adapté aux personnes que vous accompagnez. Protégez la confidentialité des clients : ne saisissez pas leur nom ni de renseignements permettant de les identifier, sauf si votre organisation a approuvé l’outil et les mesures de protection de la vie privée qui l’accompagnent. Pour tester l’IA, utilisez des exemples fictifs ou entièrement anonymisés. Vérifiez ensuite l’exactitude des résultats, le caractère respectueux de la formulation et son adéquation culturelle. L’IA peut omettre des détails importants ou formuler des suppositions : modifiez ou écartez tout élément qui ne correspond pas au client ou à votre jugement professionnel. Une utilisation responsable de l’IA dépend non seulement de l’outil, mais aussi de l’intention et de la manière dont on l’utilise. Nous devons choisir le modèle adapté à la tâche, qu’il s’agisse de résumer une recherche, de simplifier un support ou de rédiger un courriel. Apprendre à faire ce choix est une compétence qui se développe et qui peut aider à obtenir des réponses plus utiles, tout en plaçant le jugement professionnel au cœur de la pratique. GPT-6 Sol et Luna pourraient aider les thérapeutes à préparer plus rapidement des supports utiles et à organiser leurs idées. Leur véritable utilité dépendra de la prudence avec laquelle nous les utiliserons. L’IA peut soutenir notre travail, mais le thérapeute reste responsable de ce qui est communiqué et de la manière dont les soins sont dispensés.

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L’IA rédige des brouillons de réponse aux messages des patients

Lorsqu’un patient écrit à un thérapeute ou à un autre professionnel de santé, la réponse doit être exacte, claire et bienveillante. L’intelligence artificielle (IA) peut aider en préparant un brouillon. Mais celui-ci n’est qu’un point de départ : il peut ne pas tenir compte de toute la situation du patient et doit être vérifié par le professionnel avant d’être envoyé. Une étude publiée en 2025 a examiné cette approche dans un grand hôpital des Pays-Bas. Pendant 16 semaines, 100 médecins de 14 spécialités ont répondu à 919 messages de patients. Pour chaque message, ils pouvaient choisir un brouillon rédigé par l’IA ou rédiger leur réponse à partir d’une page blanche. L’étude a évalué la fréquence à laquelle les cliniciens choisissaient les brouillons, l’ampleur des modifications apportées et le temps nécessaire pour répondre (Bootsma-Robroeks et al., 2025). Les cliniciens ont choisi un brouillon généré par l’IA pour 58 % des messages. Parmi les réponses préparées à partir d’un brouillon, 43 % en conservaient au moins une partie de la formulation. Ces résultats montrent que les cliniciens étaient prêts à essayer cet outil, mais qu’ils n’utilisaient pas tous ses suggestions de la même manière : certains reprenaient une plus grande partie du brouillon, tandis que d’autres le remaniaient largement. L’étude n’a pas mis en évidence de gain de temps notable. Les réponses qui reprenaient une partie du brouillon de l’IA prenaient à peu près autant de temps que celles rédigées à partir d’une page blanche, soit environ deux minutes et demie. La relecture et la correction d’un brouillon peuvent prendre du temps : générer du texte ne rend donc pas nécessairement la tâche plus rapide dans son ensemble. Pour les thérapeutes, un brouillon généré par l’IA peut être utile pour répondre à des messages courants, par exemple pour confirmer un rendez-vous ou expliquer une procédure générale du cabinet. Il peut aussi aider à structurer une réponse lorsque le thérapeute est très occupé. Cela pourrait libérer du temps pour les soins en présence du patient. Toutefois, l’étude n’ayant pas montré que ces brouillons faisaient gagner du temps, cet avantage ne doit pas être tenu pour acquis. Les messages échangés dans le cadre d’une thérapie portent souvent sur des émotions, des relations et des expériences personnelles sensibles. Une réponse générée par l’IA peut sembler chaleureuse tout en passant à côté d’une signification importante, du contexte ou d’un changement dans l’état émotionnel du client. Elle peut aussi paraître impersonnelle ou ne pas correspondre à l’approche du thérapeute. Un brouillon ne doit jamais se substituer à l’évaluation du thérapeute, en particulier si un client semble en danger ou a besoin d’un soutien urgent. Les thérapeutes peuvent utiliser ces brouillons comme point de départ, tout en conservant leur propre voix et leur jugement clinique. Avant d’envoyer une réponse, ils devraient vérifier qu’elle est adaptée au client, qu’elle répond réellement à sa préoccupation et qu’elle ne promet pas plus que ce qu’ils peuvent offrir. Si un message appelle une discussion approfondie, le thérapeute peut juger préférable de proposer une séance ou un appel téléphonique plutôt que de répondre par écrit. Cette approche comporte également des responsabilités importantes. La confidentialité des patients doit être protégée, et les établissements de santé devraient expliquer comment ces outils sont utilisés et en évaluer le fonctionnement afin de repérer les erreurs ou les écarts de performance injustifiés. Les cliniciens restent responsables des messages qu’ils envoient, même lorsque l’IA a contribué à leur rédaction. Cette étude offre un premier aperçu de l’utilisation de l’IA pour faciliter les échanges avec les patients dans le cadre des soins courants. L’outil a été utilisé, mais aucun gain de temps manifeste n’a été démontré. De futures études devraient examiner si ces brouillons améliorent la clarté et la qualité des réponses, ce que les patients pensent de ces messages et si l’outil fonctionne de manière sûre auprès de différents publics et pour différents types de messages. Référence Bootsma-Robroeks, C. M. H. H. T., Workum, J. D., Schuit, S. C. E., Hoekman, A., Mehri, T., Doornberg, J. N., van der Laan, T. P., & Schoonbeek, R. C. (2025). AI-generated draft replies to patient messages: Exploring effects of implementation. Frontiers in Digital Health, 7, Article 1588143. https://doi.org/10.3389/fdgth.2025.1588143

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L’IA à l’Éducation nationale : passer à l’échelle sans perdre de vue l’humain

L’intelligence artificielle (IA) entre peu à peu dans les écoles et les services administratifs. Pour une enseignante, elle peut aider à préparer une activité ou à adapter un texte au niveau de ses élèves. Mais elle ne connaît pas chaque enfant et ne peut pas remplacer le jugement d’un professionnel. La question est donc moins de savoir si l’IA peut être utilisée que de définir comment elle peut être utile, fiable et bien encadrée. La feuille de route 2026-2027 du ministère de l’Éducation nationale veut organiser ces usages à grande échelle. Le ministère accompagne environ 12 millions d’élèves et 1,2 million d’agents. Il souhaite dépasser les essais isolés et développer des outils qui répondent à des besoins concrets. Son principe central est clair : l’IA peut aider, mais la décision doit rester humaine. La première priorité est d’aider les enseignants et les autres personnels dans leur travail quotidien. L’IA pourrait, par exemple, proposer une première version d’une activité, aider à préparer une évaluation ou adapter un document. Ces propositions doivent toujours être relues et ajustées par le professionnel, qui connaît les élèves, leurs besoins et le contexte de la classe. Le ministère évoque aussi des outils qui pourraient accompagner les élèves dans leurs apprentissages, par exemple en les guidant par des questions plutôt qu’en leur donnant directement la réponse. Cette approche peut encourager la réflexion, mais elle ne garantit pas à elle seule un meilleur apprentissage. Il faudra vérifier que ces outils aident réellement les élèves à comprendre et à devenir plus autonomes. La deuxième priorité est de simplifier certaines tâches administratives. Des outils d’IA pourraient aider à rédiger ou à résumer des messages, à retrouver des informations ou à faciliter certaines démarches. Le temps ainsi gagné pourrait être consacré aux élèves, aux familles et aux missions qui demandent une attention particulière. Mais il faudra aussi compter le temps nécessaire pour vérifier les résultats et corriger les erreurs. La troisième priorité concerne les systèmes informatiques du ministère. Celui-ci souhaite disposer d’outils sûrs, mieux contrôlés et adaptés à ses besoins. Il ne suffit pas de choisir une technologie : les services doivent aussi pouvoir comprendre son fonctionnement, protéger les informations utilisées et vérifier que les outils remplissent correctement leur rôle. Pour que ces projets soient utiles, les personnels doivent être accompagnés et formés. Il ne s’agit pas seulement d’apprendre à poser une question à une IA. Il faut aussi savoir que ses réponses peuvent être fausses, incomplètes ou influencées par des biais. Les échanges entre professionnels et le partage d’expériences seront importants pour repérer les usages qui aident vraiment sur le terrain. La protection des élèves et des personnels doit rester une priorité. Les informations personnelles doivent être protégées, et les décisions importantes ne devraient pas reposer uniquement sur une réponse produite par un outil. Les utilisateurs doivent savoir quand l’IA intervient, pouvoir vérifier ses résultats et rester responsables de leurs choix professionnels. Cette feuille de route ouvre une nouvelle étape, mais son succès ne se mesurera pas au nombre d’outils installés. Il dépendra de leur utilité réelle, de leur fiabilité et de leur capacité à soutenir le travail des équipes sans affaiblir la relation humaine. Des évaluations menées avec les personnels et les élèves aideront à améliorer les pratiques et à décider, avec prudence, de la suite à donner. Référence Ministère de l’Éducation nationale. (2026). Une IA utile, humaine et souveraine pour les services publics : Feuille de route 2026–2027 du ministère de l’Éducation nationale. https://s3.rbx.io.cloud.ovh.net/sites-faciles/sites-faciles-alliance/documents/20260901_Synthese-FDR-IA_MEN_VF.pdf?X-Amz-Algorithm=AWS4-HMAC-SHA256&X-Amz-Credential=15b12783e5fa40bfbe2c5e8583b51f3e%2F20260930%2Frbx%2Fs3%2Faws4_request&X-Amz-Date=20260930T092831Z&X-Amz-Expires=3600&X-Amz-SignedHeaders=host&X-Amz-Signature=bcc4f55a1de35740b4afcc00aa0f15915b679d7d258dc649c1e8616cd703fc1d

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De l’idée au prototype interactif : utiliser les Artifacts de Claude en thérapie

Imaginez pouvoir décrire une activité que vous aimeriez voir exister et obtenir un prototype interactif simple à explorer. Les Artifacts de Claude sont des créations autonomes, applications interactives, visualisations ou outils, par exemple, que Claude génère à partir d’une conversation. Vous pouvez les prévisualiser, demander à Claude de les modifier et, lorsque cette option est disponible, les partager avec d’autres personnes. Pour les thérapeutes, cela pourrait ouvrir de nouvelles possibilités pour soutenir les apprentissages, la communication, le mouvement et les compétences du quotidien, au-delà de la création d’une nouvelle fiche d’activité. Un thérapeute pourrait, par exemple, concevoir le prototype d’une activité visuelle dans laquelle une personne trie des objets, suit une séquence ou fait des choix dans une situation familière. L’activité pourrait intégrer des images, des sons, des consignes de mouvement ou de simples animations, puis être adaptée en fonction du rythme, des consignes ou du niveau de difficulté. Une routine interactive pourrait aider une personne à s’exercer à se préparer, à anticiper une transition ou à accomplir une tâche dans l’ordre. Un autre prototype pourrait l’inviter à suivre une séquence de mouvements, à choisir une image pour poursuivre une histoire, à associer une action à un son ou à s’exercer à demander de l’aide. Ce sont des pistes à explorer, et non des traitements prêts à l’emploi ni des substituts à une évaluation professionnelle. Plus largement, les thérapeutes peuvent expérimenter des idées qu’il serait autrement difficile ou coûteux de concrétiser. Une équipe pourrait créer un emploi du temps visuel simple, un jeu pour s’exercer à attendre son tour ou une animation illustrant un mouvement ou un concept. Le thérapeute apporte l’objectif et son expertise clinique ; l’IA peut aider à explorer les façons de donner forme à l’idée. Comment créer un Artifact Un prototype fonctionnel ne constitue pas automatiquement un outil thérapeutique adapté. Les activités générées par l’IA ne doivent pas être considérées comme des évaluations ou des interventions validées. Il incombe au thérapeute de déterminer si un outil convient à la personne, à ses objectifs et au contexte clinique. La confidentialité doit être protégée tout au long du processus : n’incluez dans les prompts ni les prototypes aucun nom, note de séance, renseignement permettant d’identifier un client ou information sensible le concernant. Respectez les politiques de votre lieu de travail et les recommandations professionnelles, et vérifiez les paramètres de partage avant toute publication. Claude peut aider à créer et à modifier une idée, mais il ne peut pas observer un client, exercer un jugement clinique ni assumer la responsabilité des soins. Les Artifacts peuvent donner forme à une idée de thérapeute et permettre de l’explorer et de l’adapter. Choisissez une activité que vous aimeriez voir exister, décrivez-la sans inclure d’informations sur un client et voyez quel prototype vous pouvez créer. Puis, exercez votre jugement professionnel pour déterminer s’il est utile et pour qui.

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Ce que l’IA fait aux jeunes apprenants

L’intelligence artificielle (IA) fait désormais partie de la vie scolaire quotidienne. Plus de la moitié des adolescents américains déclarent utiliser des chatbots d’IA pour les aider dans leur travail scolaire. Pour les thérapeutes, les enseignants et les familles, la question importante n’est pas seulement de savoir si l’IA aide les élèves à obtenir de meilleures notes, mais aussi de comprendre comment elle peut influencer leur manière d’apprendre, de réfléchir et de résoudre les problèmes. Une étude menée en 2025 auprès de près de 1 000 lycéens a montré que les élèves utilisant ChatGPT amélioraient leurs performances en mathématiques de 48 %. Toutefois, lorsque ChatGPT était retiré, ces élèves obtenaient des résultats inférieurs de 17 % à ceux des élèves qui ne l’avaient jamais utilisé (Bastani et al., 2025). Cela laisse penser que les élèves peuvent réussir leurs tâches avec l’aide de l’IA sans avoir véritablement appris à les réaliser de manière autonome. Une des explications possibles est le déport cognitif. Ce terme désigne le fait d’utiliser un outil externe pour effectuer une partie du raisonnement à notre place. Les êtres humains ont toujours utilisé des outils tels que les calculatrices, les calendriers et les moteurs de recherche. Ces outils peuvent être utiles, mais des difficultés peuvent apparaître lorsque l’IA réalise l’essentiel du raisonnement au lieu de soutenir celui de l’élève. Les jeunes apprennent grâce à la pratique, aux erreurs et à l’effort. Lorsqu’ils rencontrent des difficultés face à un problème complexe, ils développent des compétences telles que l’attention, la mémoire, la planification et la persévérance. Si l’IA fournit immédiatement la réponse, les élèves peuvent éviter ce processus d’apprentissage essentiel. Ils peuvent terminer leur devoir plus rapidement, mais retenir moins d’informations par la suite. Cela ne signifie pas que toute difficulté est bénéfique. Les élèves ont besoin de soutien lorsque le travail est trop difficile ou lorsqu’ils se sentent dépassés. Toutefois, un certain niveau d’effort est nécessaire à l’apprentissage. Les thérapeutes et les enseignants devraient donc aider les élèves à utiliser l’IA comme un guide, et non comme un substitut à la réflexion. La même étude a montré que la manière dont l’IA est conçue fait une différence. Les élèves tiraient davantage profit du système lorsque celui-ci fournissait des indices et des explications au lieu de donner simplement la réponse finale. Ce type de soutien peut les encourager à réfléchir, à réessayer et à comprendre leurs erreurs. L’utilisation de l’IA devrait progressivement devenir moins nécessaire à mesure que l’élève gagne en confiance. Ces questions sont particulièrement importantes pour les jeunes qui présentent de l’anxiété, des difficultés attentionnelles, des troubles des apprentissages ou une faible confiance en eux. L’IA peut réduire le stress à court terme, mais une dépendance constante peut amener les élèves à croire qu’ils ne peuvent pas réussir sans aide technologique. Les thérapeutes devraient donc se demander non seulement : « L’élève a-t-il terminé la tâche? », mais aussi : « Qu’a-t-il compris et que peut-il faire de manière autonome? » L’IA peut néanmoins être utile dans l’éducation et la thérapie. Elle peut expliquer des notions complexes dans un langage plus simple, fournir des exemples, soutenir l’organisation ou proposer des retours. Toutefois, les professionnels doivent prendre en compte la confidentialité, l’exactitude, les biais et la possibilité que l’IA fournisse des informations affirmées avec assurance, mais incorrectes. Le jugement et la responsabilité humains doivent rester centraux. L’objectif ne devrait pas être d’empêcher les jeunes d’utiliser l’IA. Ils doivent plutôt apprendre à s’en servir de manière réfléchie. Les recherches futures devront examiner les effets à long terme de l’IA sur les apprentissages, la confiance en soi et la pensée autonome. Utilisée avec discernement, l’IA peut soutenir le développement; utilisée sans limites, elle peut réduire l’effort et la réflexion nécessaires à un véritable apprentissage. Références Bastani, H., Bastani, O., Sungu, A., Ge, H., Kabakcı, Ö. et Mariman, R. (2025). L’IA générative sans garde-fous peut nuire aux apprentissages : données issues de l’enseignement des mathématiques au secondaire. Proceedings of the National Academy of Sciences, 122(26), e2422633122. https://doi.org/10.1073/pnas.2422633122

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Lorsque les dirigeants de l’IA déclarent : « Ralentissons »

Cette semaine, plusieurs figures majeures du secteur de l’IA ont exprimé la même inquiétude. Dario Amodei, d’Anthropic, a averti que l’IA se développait plus rapidement que prévu. Sam Altman, d’OpenAI, et Elon Musk, de xAI, ont soutenu ce message. Satya Nadella, directeur général de Microsoft, a également déclaré que la superintelligence, une IA qui pourrait devenir meilleure que les humains dans presque tous les domaines, ne devrait pas être développée sans contrôle humain. Le roi Charles réunit également des dirigeants de Nvidia, Google DeepMind, OpenAI et Anthropic afin de discuter de la sécurité de l’IA. En tant que thérapeutes, cette évolution nous préoccupe, car cet avertissement vient des personnes qui construisent ces systèmes. La superintelligence ne se limiterait pas à jouer aux échecs ou à écrire du code informatique. Elle pourrait potentiellement prendre des décisions, créer des informations et influencer les comportements humains à un niveau dépassant la compréhension humaine. Un système aussi puissant pourrait apporter des bénéfices importants, mais également causer de graves préjudices s’il était mal contrôlé. Des films populaires tels que 2001 : l’Odyssée de l’espace et Terminator présentent souvent l’IA comme dangereuse. Ces récits sont exagérés, mais ils soulèvent une question bien réelle : que se passe-t-il lorsque la technologie devient plus puissante que les personnes qui l’utilisent? L’inquiétude principale n’est pas nécessairement que l’IA devienne un « robot tueur ». La préoccupation plus profonde est que les êtres humains puissent perdre le contrôle de systèmes qu’ils ne comprennent pas pleinement. Pour les thérapeutes, cette question est directement liée au comportement humain et à la santé mentale. L’IA influence déjà la manière dont les individus apprennent, communiquent, travaillent et prennent des décisions. Certaines personnes pourraient accorder davantage de confiance à l’IA qu’aux professionnels, tandis que d’autres pourraient devenir émotionnellement dépendantes des systèmes d’IA. Ces changements pourraient avoir des répercussions sur les relations, la confiance en soi, l’attention, la prise de décision et le développement social. L’IA peut être utile en thérapie et en réadaptation. Elle peut soutenir la documentation, fournir du matériel éducatif, faciliter la communication ou aider les professionnels à organiser les informations. Toutefois, elle peut également donner des réponses inexactes, mal interpréter les émotions ou reproduire les biais présents dans ses données d’entraînement. Une réponse qui semble bienveillante et professionnelle peut néanmoins être cliniquement dangereuse. Un thérapeute comprend l’histoire, les émotions, la culture, les relations et la communication non verbale du patient. L’IA ne possède ni expérience humaine ni responsabilité professionnelle. Elle ne peut pas comprendre pleinement ce qui se cache derrière le silence, la peur, la résistance ou le récit personnel d’un patient. L’expression « ralentir » ne signifie pas nécessairement mettre fin au développement de l’IA. Elle peut signifier tester les systèmes plus rigoureusement, étudier leurs risques, protéger les données privées et instaurer des limites claires avant d’autoriser l’IA à prendre des décisions importantes. Dans la pratique clinique, l’utilisation de l’IA s’apparente à l’introduction d’un nouveau traitement : les professionnels ont besoin de données probantes, d’un suivi de la sécurité et d’un jugement rigoureux avant de l’utiliser à grande échelle. Pendant cette période de développement rapide, nous avons également, en tant que professionnels de santé, une responsabilité importante. Nous devons orienter la manière dont l’IA est intégrée à notre pratique, comprendre ses limites et prendre en compte ses conséquences éthiques. Cela ne signifie pas refuser d’utiliser l’IA, mais l’employer avec discernement, prudence et une conscience suffisante de ses enjeux pour protéger les patients et préserver les standards professionnels. La question importante est de savoir si ces avertissements publics entraîneront de véritables changements. Les entreprises d’IA modifieront-elles leurs projets, retarderont-elles les systèmes présentant des risques et établiront-elles des règles de sécurité plus strictes? Ou tiendront-elles un discours responsable en public tout en continuant à se livrer une compétition en privé? Les paroles ont leur importance, mais la véritable responsabilité doit se traduire par des décisions transparentes et des limites mesurables. En tant que thérapeutes, chercheurs et membres de la société, nous sommes tous confrontés à la même question : jusqu’où l’IA doit-elle aller? L’IA pourrait améliorer les soins de santé et la vie humaine, mais le progrès ne devrait pas être mesuré uniquement en fonction de ce que la technologie peut accomplir. Il devrait également être évalué selon sa capacité à protéger la dignité humaine, la sécurité, les relations et la responsabilité professionnelle.

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L’algorithme est dans la pièce : repenser l’IA dans l’éducation et la thérapie

L’intelligence artificielle entre déjà dans les salles de classe, les universités et les formations cliniques. Les étudiants l’utilisent pour rédiger, traduire, étudier et recevoir des retours, tandis que les enseignants et les thérapeutes peuvent s’en servir pour organiser les informations et soutenir les apprenants. Pourtant, la question centrale n’est pas de savoir si l’IA remplacera les enseignants, mais plutôt de déterminer la place que nous souhaitons lui accorder dans l’éducation. Aujourd’hui, les différents systèmes éducatifs adoptent des approches très diverses. Certaines écoles et plateformes éducatives intègrent l’IA à l’enseignement et aux apprentissages, tandis que d’autres restreignent ou interdisent temporairement l’utilisation d’outils d’IA générative destinés aux étudiants. Des outils comme Khanmigo, développé par Khan Academy, soutiennent le tutorat, l’apprentissage guidé, la préparation des cours et d’autres tâches éducatives, tandis que MagicSchool aide les enseignants à organiser les activités en classe et à soutenir l’enseignement. Ce contraste alimente un débat important : faut-il protéger les étudiants de l’IA ou leur apprendre à l’utiliser de manière responsable? Du point de vue du thérapeute, l’éducation est étroitement liée à l’attention, à la motivation, à la communication, au développement émotionnel et à la confiance en soi. L’IA peut fournir des explications, générer des idées et soutenir les étudiants présentant un handicap ou des difficultés linguistiques. Toutefois, les apprenants ont toujours besoin d’occasions de penser de manière autonome, de faire des erreurs, de communiquer, de collaborer et de développer leur propre raisonnement. L’évaluation devra peut-être également évoluer. Un étudiant peut remettre un devoir impressionnant généré par l’IA sans véritablement comprendre les notions abordées. Les professionnels de l’éducation pourraient donc devoir évaluer le raisonnement, la réflexion, la discussion et la capacité à appliquer les connaissances, plutôt que de se limiter à la réponse finale. Les systèmes d’IA peuvent commettre des erreurs, renforcer des biais et mal comprendre les étudiants issus de milieux culturels, linguistiques ou sociaux différents. Une recommandation produite par l’IA ne devrait jamais être considérée comme un diagnostic ou une décision définitive. Les thérapeutes et les enseignants doivent tenir compte de l’histoire de la personne, de son environnement, de son style de communication et de son expérience vécue. La protection de la vie privée et l’égalité sont tout aussi importantes. Tous les étudiants ne disposent pas du même accès à la technologie, à Internet ou à un accompagnement adapté. Les établissements d’enseignement doivent expliquer comment les informations sont recueillies et utilisées, tout en veillant à ce que l’IA n’accroisse pas les discriminations et n’exclue pas les apprenants vulnérables. Le débat ne devrait pas se limiter à l’opposition « IA ou absence d’IA ». Nous devons nous demander ce que les étudiants doivent apprendre sans l’IA, ce qu’ils peuvent apprendre avec elle et dans quelles situations l’accompagnement humain doit rester central. L’enseignement, l’empathie, la créativité, le raisonnement éthique et les relations significatives ne peuvent pas être remplacés par des réponses automatisées. L’algorithme est déjà dans la pièce. Nous ne devons ni le craindre ni le suivre aveuglément. L’objectif est d’aider les enseignants, les thérapeutes, les étudiants et l’IA à travailler ensemble, tout en veillant à ce que la technologie soutienne le processus d’apprentissage.

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