Author name: Dr. Rania Kassir

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Plus de temps pour les soins : comment Claude Duet pourrait aider les thérapeutes

Le travail d’un·e thérapeute ne s’arrête pas à la fin d’une séance. Il faut parfois répondre à des courriels, préparer des rendez-vous, organiser des notes et se tenir au courant des recherches. Claude Duet est conçu pour faciliter une partie de ce travail. Il consulte les applications connectées toutes les quelques heures, signale les éléments qui pourraient nécessiter une intervention et peut poursuivre des tâches sur un ordinateur dans le cloud, même une fois l’ordinateur portable fermé. L’un de ses avantages est qu’il n’est pas nécessaire de lui demander de l’aide pour chaque petite tâche. Duet peut préparer une synthèse à partir des courriels et du calendrier auxquels il est connecté, rédiger une réponse ou recueillir des informations en vue d’une réunion. Vous pouvez lui confier une tâche, puis revenir plus tard pour vérifier le résultat, ce qui peut contribuer à mieux organiser une journée chargée. Un·e thérapeute pourrait, par exemple, demander à Duet de préparer un aperçu de son emploi du temps, de rédiger un rappel pour une réunion d’équipe ou d’organiser des informations non sensibles liées à un projet. Un chercheur ou un formateur clinique pourrait s’en servir pour recueillir des mises à jour ou préparer une première synthèse de projet. Ces tâches conviennent surtout aux informations qu’il est approprié de partager. En facilitant certaines tâches liées à la thérapie, Duet pourrait permettre aux cliniciens de consacrer davantage de temps et d’attention aux personnes accompagnées, au raisonnement clinique et au travail d’équipe. L’outil peut aider à préparer et à organiser le travail ; il appartient ensuite aux thérapeutes de s’appuyer sur leurs connaissances professionnelles et leur compréhension de la situation pour décider de ce qui convient. Duet demande une autorisation avant d’effectuer certaines actions, comme envoyer un courriel, effectuer un paiement, signer un document ou supprimer un élément. Les thérapeutes peuvent ainsi vérifier les actions importantes avant leur exécution. Les brouillons et les synthèses doivent néanmoins être relus : l’outil peut mal interpréter un message ou passer à côté d’un détail important. La confidentialité revêt une importance particulière en thérapie. Respectez les règles de votre lieu de travail. Ne connectez pas les dossiers des personnes accompagnées et ne communiquez pas de données permettant de les identifier, sauf autorisation explicite. Pour commencer avec davantage de prudence, utilisez Duet pour des tâches courantes ne contenant aucune information confidentielle sur les personnes accompagnées. Claude Duet est proposé en avant-première à des fins de recherche, et ses fonctionnalités peuvent évoluer. Il consulte les applications connectées toutes les quelques heures ; il peut donc ne pas repérer immédiatement un nouvel élément. Il ne doit pas servir à surveiller les messages urgents ni à prendre des décisions cliniques. Utilisé avec discernement, Claude Duet pourrait aider les thérapeutes à consacrer moins de temps aux tâches courantes et davantage aux dimensions humaines de l’accompagnement. Son intérêt dépendra de la protection de la confidentialité des personnes accompagnées, de la vérification des résultats et du maintien de la responsabilité décisionnelle du clinicien.

French

L’IA peut-elle favoriser l’autonomie après un traumatisme cérébral tout en protégeant la vie privée ?

Pour une personne qui vit avec les séquelles d’un traumatisme craniocérébral (TCC), des tâches quotidiennes comme se souvenir de ses rendez-vous ou gérer ses messages peuvent demander davantage d’efforts. Un assistant d’IA peut aider à les organiser ou à programmer des rappels. Son utilisation peut cependant impliquer le partage de données personnelles avec une entreprise technologique. Dans un article publié en octobre 2026, Shireen Jeejeebhoy s’appuie sur sa propre expérience du traumatisme cérébral pour poser une question importante : les personnes peuvent-elles savoir ce qu’il advient de leurs données lorsqu’elles utilisent l’IA ? Les outils d’IA peuvent favoriser l’autonomie, mais leur fonctionnement et leur utilisation doivent être faciles à comprendre. Les personnes qui ont des difficultés de mémoire, d’attention ou de vitesse de traitement de l’information peuvent notamment avoir du mal à gérer des paramètres de confidentialité complexes. Les thérapeutes peuvent les aider en expliquant quelles informations l’outil utilise, où elles sont susceptibles d’être transmises et comment désactiver la fonctionnalité. Chacun devrait pouvoir choisir de ne pas utiliser un outil sans perdre l’accès à l’accompagnement. La confidentialité concerne aussi les autres personnes. Par exemple, enregistrer une conversation avec un thérapeute puis la téléverser pour qu’une IA l’analyse peut conduire à partager l’image ou la voix de l’autre personne sans son autorisation. Certains outils d’IA fonctionnent directement sur l’appareil ; d’autres transmettent les informations par Internet à des serveurs distants. Désactiver la connexion Internet peut donner une première indication sur le fonctionnement hors ligne d’une fonctionnalité, mais ne permet pas de savoir précisément comment l’entreprise traite les données. Les utilisateurs devraient consulter les informations relatives à la confidentialité du service et demander de l’aide si certains éléments ne sont pas clairs. L’IA est également étudiée pour contribuer à l’évaluation de la récupération après un TCC. Dans une recherche présentée lors d’un entretien publié par SelectScience en octobre 2026, des chercheurs associent des analyses sanguines à de simples exercices sur tablette mesurant la vitesse et la précision. Ils cherchent à déterminer si ces résultats pourraient aider à estimer quelles personnes risquent de présenter des symptômes persistants. Il s’agit d’une recherche en cours, et non d’un examen de routine permettant de poser un diagnostic ou de prédire avec certitude l’évolution de la récupération. Cette recherche porte sur une difficulté bien réelle : l’imagerie cérébrale peut sembler normale alors que la personne continue de présenter des symptômes. L’examen conjoint de plusieurs types de données pourrait aider les cliniciens à déterminer qui devrait bénéficier d’un suivi plus étroit. Mais une estimation du risque n’est utile que si elle permet de proposer des soins adaptés. Les chercheurs doivent démontrer sa précision, préciser à quelles personnes elle s’applique et établir si elle améliore réellement la prise de décision. Les thérapeutes et les autres cliniciens peuvent aider les personnes à essayer l’IA en toute sécurité. Il est préférable de commencer par une tâche simple qui ne nécessite pas de communiquer de données de santé privées, comme organiser un emploi du temps général. Expliquez clairement le fonctionnement de l’outil, laissez à la personne le temps de poser ses questions et vérifiez qu’elle sait comment examiner ou corriger les résultats. L’IA doit soutenir les échanges cliniques, et non prendre des décisions de manière autonome. Il est important de tenir compte des limites de ces outils. L’IA peut commettre des erreurs ; une réponse formulée avec assurance n’est pas nécessairement exacte. Un outil peut aussi être plus efficace pour certaines personnes que pour d’autres. Les cliniciens et les chercheurs doivent examiner les données disponibles, expliciter les incertitudes et rester responsables des décisions qui influent sur les soins. Les personnes ayant subi un traumatisme cérébral devraient participer aux décisions concernant la conception et l’utilisation de ces outils. Elles doivent pouvoir en comprendre les avantages et les risques, choisir de les utiliser ou non, et revenir sur leur décision. Des explications claires, une protection rigoureuse de la vie privée et une évaluation approfondie sont indispensables. L’IA peut faciliter certaines tâches quotidiennes et, à terme, contribuer à améliorer le suivi après un TCC. Sa valeur ne dépendra pas uniquement de ses capacités techniques : elle devra aussi être sûre, compréhensible et utile dans la vie réelle. Les recherches à venir devraient demander aux personnes ayant subi un traumatisme cérébral et à leurs thérapeutes si ces outils améliorent réellement le quotidien et les soins. Références Jeejeebhoy, S. (22 octobre 2026). AI and people with brain injury. Psychology Today. Nicholas, S. (5 octobre 2026). Can biomarkers and AI transform traumatic brain injury care? SelectScience.

English

Independence, Privacy, and AI in Brain Injury Care

For someone living with traumatic brain injury (TBI), everyday tasks such as remembering appointments or managing messages can take extra effort. An AI assistant may help organize these tasks or prepare reminders. But using it can also mean sharing personal information with a technology company. In an October 2026 article, writer Shireen Jeejeebhoy, drawing on her own experience of brain injury, asks an important question: can people understand what happens to their information when they use AI? AI tools can support independence, but they should be easy to understand and use. A person may have trouble with memory, attention, or processing speed, so complicated privacy settings can be hard to manage. Therapists can help by explaining what information a tool uses, where it may go, and how to turn the feature off. People should be free to refuse a tool without losing access to support. Privacy matters for other people, too. For example, recording a conversation with a therapist and uploading it for AI analysis may share the therapist’s image or voice without their permission. Some AI tools work on a device; others send information over the internet to remote servers. Turning off the internet may offer a simple clue about whether a feature works offline, but it does not fully explain how a company handles information. Users should check the service’s privacy details and ask for help if anything is unclear. AI is also being studied as a way to help assess recovery after TBI. In research described in an October 2026 SelectScience interview, investigators are combining blood tests with simple tablet tasks that measure speed and accuracy. The aim is to see whether these results can help estimate who may continue to have symptoms. This is research in progress, not a routine test that can diagnose or predict recovery with certainty. This research addresses a real challenge: a brain scan may look normal even when someone continues to have symptoms. Looking at several kinds of information together might help clinicians decide who needs closer follow-up. But a risk estimate is only useful if it leads to appropriate care. Researchers must show how accurate it is, who it works for, and whether it actually improves decisions. Therapists and other clinicians can help people try AI safely. Start with a simple task that does not involve private health information, such as organizing a general schedule. Explain how the tool works in clear language, give the person time to ask questions, and check that they know how to review or correct its output. AI should support clinical conversations, not make decisions on its own. There are important limits to consider. AI can make mistakes, and a confident-looking answer is not always correct. A tool may also work better for some people than others. Clinicians and researchers need to check the evidence, explain uncertainty, and remain responsible for decisions that affect care. People with brain injury should be included in decisions about how these tools are designed and used. They should be able to understand the benefits and risks, choose whether to use a tool, and change their minds. Clear explanations, strong privacy protections, and careful testing are essential. AI may help with everyday tasks and may one day support better follow-up after TBI. Its value will depend on more than what the technology can do: it must be safe, understandable, and useful in real life. Future research should ask people with brain injury and their therapists whether these tools truly make daily life and care better. References Jeejeebhoy, S. (2026, October 22). AI and people with brain injury. Psychology Today. Nicholas, S. (2026, October 5). Can biomarkers and AI transform traumatic brain injury care? SelectScience.

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More Time for Care: How Claude Duet Could Support Therapists

A therapist’s work does not end when a session finishes. There may be emails to answer, appointments to prepare for, notes to organize, and research to keep up with. Claude Duet is designed to help with some of this work. It checks connected apps every few hours, flags items that may need attention, and can continue tasks on its own cloud computer after you close your laptop. One benefit is that therapists do not have to ask for help with every small task. Duet may prepare a brief from your connected email and calendar, draft a reply, or gather information for a meeting. You can leave a task for it and return later to review the work, which may make a busy day feel more organized. For example, a therapist could ask Duet to prepare a daily schedule overview, draft a reminder for a team meeting, or organize non-sensitive project information. A researcher or clinical educator could use it to gather updates or prepare a first draft of a project summary. These tasks are best suited to information that is appropriate to share. By helping with some of the work around therapy, Duet may give clinicians more time and attention for clients, clinical reasoning, and teamwork. It can help prepare and organize, while therapists use their professional knowledge and understanding to decide what is appropriate. Duet asks for approval before actions such as sending an email, making a payment, signing a document, or deleting something. This gives therapists a chance to review important actions. Drafts and summaries still need checking, because the tool can misunderstand a message or miss an important detail. Privacy matters greatly in therapy. Follow your workplace’s rules, and do not connect client records or share identifying details unless this is clearly allowed. A safer way to begin is to use Duet for routine tasks that do not include private client information. Claude Duet is a research preview, and its features may change. It checks connected apps every few hours, so it may not notice something straight away. It should not be used to monitor urgent messages or make clinical decisions. Used thoughtfully, Claude Duet may help therapists spend less time managing routine tasks and more time on the human parts of care. Its value will depend on protecting client privacy, checking its work, and keeping the clinician responsible for decisions.

French

De l’adoption de l’IA à ses effets sur les activités : réflexion à l’occasion de la Journée mondiale de l’ergothérapie

Le 27 octobre, à l’occasion de la Journée mondiale de l’ergothérapie, les professionnel·les s’interrogent : comment l’intelligence artificielle peut-elle aider les personnes à accomplir davantage les activités qui comptent dans leur vie quotidienne ? Le 9 février 2026, lors du congrès de la WFOT à Bangkok, un symposium consacré à l’IA a porté sur la place grandissante de cette technologie dans la profession. Les perspectives sont prometteuses, mais l’IA doit rester au service de la relation humaine, au cœur de l’ergothérapie. Sa valeur se mesurera à sa capacité à aider les personnes à participer plus pleinement aux activités qui donnent du sens à leur vie. L’IA fait déjà son entrée dans la pratique de l’ergothérapie. Une enquête internationale menée auprès de 884 personnes dans 81 pays a révélé que 56,3 % des répondants utilisaient l’IA dans le cadre professionnel et que 68,4 % étaient favorables à son intégration. Parmi les usages courants figuraient la rédaction de documents, les tâches administratives, la formation, la recherche, la planification des interventions et la communication. Les répondants ont également fait part de préoccupations concernant l’équité, la mise en œuvre et l’éthique professionnelle. Ces résultats témoignent d’un intérêt croissant, mais cette enquête en ligne ne saurait être considérée comme représentative de l’ensemble des ergothérapeutes dans le monde (Cason et al., 2026). Des études récentes illustrent à la fois le potentiel de l’IA et les questions qui restent en suspens. Un petit essai randomisé a mis en évidence une amélioration de l’écriture manuscrite chez des enfants présentant un risque de trouble développemental de la coordination après un programme d’ergothérapie assisté par l’IA (Demirci et al., 2025). Dans une étude auprès de 30 adultes, une évaluation initiale réalisée par l’IA a été jugée utilisable, mais la plupart des participants ont préféré celle menée par un professionnel, notamment en matière de compassion et de satisfaction (Teng et al., 2026). Des revues recensent des applications possibles de l’IA dans l’analyse du mouvement, l’utilisation de capteurs, la robotique et la réalité virtuelle, tout en distinguant les systèmes qui reposent sur l’IA des autres technologies. Une revue de portée consacrée à l’IA générative en réadaptation a relevé des applications en planification, en évaluation, en formation et en raisonnement clinique, mais peu de données sur les bénéfices pour les patients (Cha, 2026 ; El Arab et al., 2026). Dans l’ensemble, ces résultats laissent entrevoir une réadaptation plus personnalisée. Les données sur le mouvement, les résultats d’évaluation et les objectifs de la personne pourraient aider les thérapeutes à ajuster les activités ou à adapter les exercices. Cette personnalisation doit toutefois rester guidée par le raisonnement clinique. Une amélioration de l’écriture manuscrite ne suffit pas à démontrer une meilleure participation en classe ; de même, le fait qu’une évaluation par l’IA soit jugée utilisable ne remplace pas la relation de confiance qui se construit dans les échanges avec un professionnel. L’IA ouvre de nouvelles perspectives pour l’évaluation, l’intervention et la réadaptation, mais il reste à vérifier si elles améliorent le fonctionnement au quotidien et pour qui. En pratique, il est judicieux de partir des besoins liés aux activités de la personne, et non de l’outil. Les thérapeutes et les organisations peuvent déterminer les tâches pour lesquelles l’IA pourrait être utile, vérifier ses productions avant qu’elles n’influencent les soins, protéger les informations des patients et veiller à ce que le temps gagné permette des échanges plus riches ou un meilleur accès aux services. Lorsque l’IA contribue de manière importante à une évaluation ou à une recommandation, la transparence favorise une discussion éclairée et une décision partagée. La formation professionnelle et les recommandations des organisations doivent évoluer au même rythme que l’utilisation de ces outils. Une utilisation responsable suppose également de prendre en compte l’intégrité des données, les biais, le consentement, la confidentialité et les limites des connaissances disponibles. Les chercheurs doivent décrire clairement leurs méthodes, évaluer les systèmes auprès de populations et dans des contextes variés, et mesurer les résultats qui comptent pour les patients, plutôt que de se limiter à la précision technique ou à la facilité d’utilisation. La responsabilité clinique incombe aux professionnels et aux organisations qui ont recours à l’IA : un algorithme ne peut répondre d’une décision qui a des conséquences sur les soins d’une personne. À l’occasion de la Journée mondiale de l’ergothérapie, la profession peut inscrire l’innovation dans son engagement durable en faveur des activités qui ont du sens. Les recherches à venir devront déterminer si les soins assistés par l’IA améliorent le fonctionnement, l’autonomie et la participation, pour qui, dans quels contextes et à quel coût. La réussite ne consistera pas à remplacer le travail des ergothérapeutes, mais à leur donner les moyens de proposer des soins plus personnalisés et fondés sur les données probantes, afin que les personnes puissent participer plus pleinement à leur vie quotidienne. Références Cason, J., Gafni-Lachter, L., Richmond, T., Jacobs, K., et World Federation of Occupational Therapists. (2026). Worldwide survey on artificial intelligence in occupational therapy. WORK: A Journal of Prevention, Assessment & Rehabilitation. Publication en ligne avant impression. https://doi.org/10.1177/10519815261469529 Cha, S.-M. (2026). Generative AI and large language models in rehabilitation: A scoping review. Life, 16(8), 1310. https://doi.org/10.3390/life16081310 Demirci, O., Yilmaz, G. G., et Köse, B. (2025). Artificial intelligence-supported occupational therapy program on handwriting skills in children at risk for developmental coordination disorder: Randomized controlled trial. Research in Developmental Disabilities, 161, 105009. https://doi.org/10.1016/j.ridd.2025.105009 El Arab, R. A., Al Moosa, O. A., Almagharbeh, W. T., Abuadas, F., Abdalla, N., Abdrbo, A., et Hassanein, S. (2026). Artificial intelligence in physical, occupational and neuro-rehabilitation: Clinical effectiveness, prognostic performance, and pre-implementation feasibility—A systematic review. Journal of Medical Systems, 50(1). https://doi.org/10.1007/s10916-026-02400-6 Teng, M. M., Cathcart, H., Grasza, S., Williams, K., Zhang, M., et Jarus, T. (2026). Developing and evaluating a remote, self-administered, AI-powered occupational therapy initial assessment: A crossover randomized controlled trial. WORK: A Journal of Prevention, Assessment & Rehabilitation. Publication en ligne avant impression. https://doi.org/10.1177/10519815261491275

French

Écriture manuscrite et clavier : que retenir pour la pratique thérapeutique ?

Un·e thérapeute peut se demander si une personne retiendra mieux des consignes en les écrivant à la main ou en les saisissant au clavier. Les recherches indiquent que ces deux activités ne mobilisent pas le cerveau de la même façon. Elles ne montrent toutefois pas que le clavier « met le cerveau en veille » ni que l’écriture manuscrite est toujours préférable. En 2024, Audrey van der Weel et Ruud van der Meer ont mené une étude auprès de 36 étudiants. À l’aide de dispositifs d’électroencéphalographie (EEG), ils ont enregistré leur activité cérébrale pendant que les participants écrivaient des mots avec un stylet numérique ou les saisissaient au clavier. L’écriture manuscrite était associée à une activité plus coordonnée dans certaines régions cérébrales impliquées dans le mouvement et le traitement de l’information. L’étude portait toutefois sur l’activité cérébrale, et non sur la capacité des étudiants à se souvenir des mots par la suite. L’écriture manuscrite fait appel à des mouvements variés de la main. Elle permet aussi de voir les lettres se former sur la page. Ces gestes pourraient renforcer les liens entre le mouvement, la vision et l’attention. La saisie au clavier mobilise d’autres mouvements, souvent répétitifs. Cela ne signifie pas qu’elle ne demande aucun effort cognitif : chaque activité sollicite le corps et le cerveau à sa manière. Les recherches sur la prise de notes apportent certains éléments en faveur de l’écriture manuscrite, mais leurs résultats sont contrastés. Une étude a observé que les étudiants qui prenaient des notes à la main avaient tendance à résumer les idées, tandis que ceux qui utilisaient un ordinateur portable les retranscrivaient parfois mot pour mot. Or, résumer peut favoriser l’apprentissage. Une étude ultérieure, qui a reproduit ces travaux, n’a cependant pas relevé d’avantage net de l’écriture manuscrite. La manière de prendre des notes pourrait donc compter autant que le choix du stylo ou du clavier. Pour les thérapeutes, l’outil le mieux adapté dépend de la personne et de l’objectif. L’écriture manuscrite peut être utile pour travailler le tracé des lettres, le contrôle de la main ou une tâche d’écriture qui a du sens pour la personne. Le clavier peut être plus adapté en cas de douleur, de fatigue, de tremblements ou de difficultés à écrire à la main. Certaines personnes apprennent mieux lorsqu’elles peuvent choisir la méthode qui leur convient et leur paraît confortable. Il importe également de tenir compte de ce que la personne doit apprendre. Pour favoriser la mémorisation de consignes, un·e thérapeute peut lui demander d’expliquer les étapes avec ses propres mots, de les mettre en pratique ou d’en rédiger un bref résumé. Ces stratégies encouragent une réflexion active, que la personne utilise un stylo, un clavier ou un autre outil adapté. L’étude EEG présente plusieurs limites. Elle portait sur un petit groupe d’étudiants et leur demandait de copier des mots dans un cadre contrôlé. Cette situation diffère de la prise de notes en cours ou de l’apprentissage d’une activité quotidienne en thérapie. En outre, la mesure de l’activité cérébrale ne permet pas de savoir si une personne a appris une information ni si elle s’en souviendra par la suite. Les thérapeutes et les chercheurs doivent donc interpréter ces résultats avec prudence. Affirmer que « le clavier ne sert à rien » pourrait induire en erreur et pénaliser les personnes qui utilisent un clavier ou une technologie d’assistance. Les décisions cliniques doivent tenir compte des besoins et des résultats observés chez chaque personne, et non reposer sur une seule étude cérébrale. L’écriture manuscrite peut favoriser l’apprentissage dans certaines situations, mais elle ne convient pas nécessairement à tout le monde ni à toutes les tâches. Des recherches supplémentaires permettront de préciser qui en bénéficie et dans quelles circonstances. En attendant, l’essentiel est d’aider chaque personne à apprendre, à participer et à utiliser les outils qui lui conviennent le mieux. Références Mueller, P. A., et Oppenheimer, D. M. (2014). The pen is mightier than the keyboard: Advantages of longhand over laptop note taking. Psychological Science, 25(6), 1159–1168. https://doi.org/10.1177/0956797614524581 Urry, H. L., et al. (2021). Don’t ditch the laptop just yet: A direct replication of Mueller and Oppenheimer’s (2014) Study 1 plus mini meta-analyses across similar studies. Psychological Science, 32(3), 326–339. https://doi.org/10.1177/0956797620965541 Van der Weel, F. R., et Van der Meer, A. L. H. (2024). Handwriting but not typewriting leads to widespread brain connectivity: A high-density EEG study with implications for the classroom. Frontiers in Psychology, 14, 1219945. https://doi.org/10.3389/fpsyg.2023.1219945

English

From AI Adoption to Occupational Outcomes: A World Occupational Therapy Day Reflection

On October 27, World Occupational Therapy Day, occupational therapists are asking an important question: How can artificial intelligence help people do more of what matters in their daily lives? At the WFOT Congress in Bangkok, the WFOT Symposium: Artificial Intelligence took place on February 9, 2026, bringing this question into focus as speakers explored AI’s growing role in the profession. The possibilities are exciting, but technology must support the human connection at the heart of occupational therapy. Its true value will be measured by whether it helps people participate more fully in the activities that give their lives meaning. AI is already entering occupational therapy workflows. A worldwide survey of 884 respondents across 81 countries found that 56.3% used AI at work and 68.4% viewed its integration positively. Common applications included documentation, administration, education, research, intervention planning, and communication. Respondents also raised concerns about equity, implementation, and professional ethics. These findings indicate growing adoption, although the online survey should not be taken as representative of every occupational therapist worldwide (Cason et al., 2026). Recent studies illustrate both AI’s potential and the questions that remain. A small randomized trial found improved handwriting among children at risk for developmental coordination disorder after an AI-supported occupational therapy program (Demirci et al., 2025). In a study of 30 adults, an AI-administered initial assessment was considered usable, but most participants preferred the human-led assessment, particularly for compassion and satisfaction (Teng et al., 2026). Reviews describe possible uses of AI with movement analysis, sensors, robotics, and virtual reality, while distinguishing AI-enabled systems from technologies that do not use AI. A scoping review of generative AI in rehabilitation found applications in planning, assessment, education, and clinical reasoning, but limited evidence of patient-level benefit (Cha, 2026; El Arab et al., 2026). Together, these findings point toward a future of more individualized rehabilitation, in which movement data, assessment information, and a person’s goals may help therapists grade tasks or adapt practice. But personalization must remain clinically reasoned: handwriting gains do not alone establish greater classroom participation, and a usable AI assessment does not replace the trust built through human interaction. Artificial intelligence is opening new possibilities for assessment, intervention, and rehabilitation. Whether those possibilities improve everyday function—and for whom—must be tested, not assumed. For clinical practice, a proportionate approach begins with the occupational need, not the tool. Therapists and organizations can define which tasks AI may support, review outputs before they affect care, protect client information, and ensure that time saved contributes to meaningful interaction or access. When AI materially shapes an assessment or recommendation, transparency supports informed discussion and shared decision-making. Professional education and organizational guidance should develop alongside adoption. Responsible use also requires attention to data integrity, bias, consent, privacy, and the limits of available evidence. Researchers should report methods clearly, test systems across diverse populations and settings, and evaluate outcomes that matter to clients—not only technical accuracy or convenience. Clinical accountability remains with the professionals and organizations using AI; an algorithm cannot take responsibility for a decision that affects someone’s care. On World Occupational Therapy Day, the profession can ground innovation in its enduring commitment to meaningful occupation. Future research should establish whether AI-supported care improves function, independence, and participation—and for whom, in which contexts, and at what cost. The greatest achievement will not be replacing what occupational therapists do; it will be helping us deliver more individualized, evidence-informed care that enables people to participate more fully in their daily lives. References Cason, J., Gafni-Lachter, L., Richmond, T., Jacobs, K., & World Federation of Occupational Therapists. (2026). Worldwide survey on artificial intelligence in occupational therapy. WORK: A Journal of Prevention, Assessment & Rehabilitation. Advance online publication. https://doi.org/10.1177/10519815261469529 Cha, S.-M. (2026). Generative AI and large language models in rehabilitation: A scoping review. Life, 16(8), 1310. https://doi.org/10.3390/life16081310 Demirci, O., Yilmaz, G. G., & Köse, B. (2025). Artificial intelligence-supported occupational therapy program on handwriting skills in children at risk for developmental coordination disorder: Randomized controlled trial. Research in Developmental Disabilities, 161, 105009. https://doi.org/10.1016/j.ridd.2025.105009 El Arab, R. A., Al Moosa, O. A., Almagharbeh, W. T., Abuadas, F., Abdalla, N., Abdrbo, A., & Hassanein, S. (2026). Artificial intelligence in physical, occupational and neuro-rehabilitation: Clinical effectiveness, prognostic performance, and pre-implementation feasibility—A systematic review. Journal of Medical Systems, 50(1). https://doi.org/10.1007/s10916-026-02400-6 Teng, M. M., Cathcart, H., Grasza, S., Williams, K., Zhang, M., & Jarus, T. (2026). Developing and evaluating a remote, self-administered, AI-powered occupational therapy initial assessment: A crossover randomized controlled trial. WORK: A Journal of Prevention, Assessment & Rehabilitation. Advance online publication. https://doi.org/10.1177/10519815261491275

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Handwriting and Typing: What Therapists Should Know

A therapist may wonder whether a client will remember instructions better if they write them by hand or type them. Research suggests handwriting and typing can involve the brain differently. But the evidence does not show that typing makes the brain “switch off” or that handwriting is always better. In a 2024 study, researchers Audrey van der Weel and Ruud van der Meer used EEG caps to record brain activity in 36 university students. The students either wrote words with a digital pen or typed them. During handwriting, the researchers found more coordinated activity in some brain areas involved in movement and processing information. The study measured brain activity, however, not how well students remembered the words later. Handwriting uses a range of hand movements. The writer also sees the letters take shape on the page. These actions may help connect movement, vision, and attention. Typing uses different movements, often repeated key presses. This does not mean typing requires no thinking; it means the two activities place different demands on the body and brain. Research on note-taking offers some support for handwriting, but the results are mixed. One study found that students who wrote notes by hand often summarized ideas, while students using laptops sometimes copied more words word for word. Summarizing may help learning. A later study that repeated this research did not find a clear advantage for handwriting. So, how people take notes may matter as much as whether they use a pen or keyboard. For therapists, the best choice depends on the person and the goal. Handwriting may be useful when practising letter formation, hand control, or a meaningful writing task. Typing may be easier for a person who has pain, fatigue, tremor, or difficulty with handwriting. Some people may learn best when they can choose the method that feels comfortable and works well for them. It is also important to consider what the person needs to learn. If the goal is to remember instructions, a therapist could ask the person to explain the steps in their own words, practise them, or write a short summary. These strategies may encourage active thinking whether the person uses a pen, keyboard, or another accessible tool. The EEG study has limits. It included a small group of university students and asked them to copy words in a controlled setting. This is different from taking notes during a class or learning a daily task in therapy. Brain activity alone cannot tell us whether someone has learned or will remember information later. Therapists and researchers should explain these findings carefully. Saying “typing does nothing” may mislead people and unfairly discourage those who rely on keyboards or assistive technology. Clinical decisions should be based on each person’s needs and actual performance, not on a single brain study. Overall, handwriting may support learning in some situations, but it is not the right choice for everyone or every task. More research is needed to find out who benefits, and when. For now, therapists can focus on what matters most: helping each person learn, participate, and use the tools that work best for them. References Mueller, P. A., & Oppenheimer, D. M. (2014). The pen is mightier than the keyboard: Advantages of longhand over laptop note taking. Psychological Science, 25(6), 1159–1168. https://doi.org/10.1177/0956797614524581 Urry, H. L., et al. (2021). Don’t ditch the laptop just yet: A direct replication of Mueller and Oppenheimer’s (2014) Study 1 plus mini meta-analyses across similar studies. Psychological Science, 32(3), 326–339. https://doi.org/10.1177/0956797620965541 Van der Weel, F. R., & Van der Meer, A. L. H. (2024). Handwriting but not typewriting leads to widespread brain connectivity: A high-density EEG study with implications for the classroom. Frontiers in Psychology, 14, 1219945. https://doi.org/10.3389/fpsyg.2023.1219945

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Ce que Gemini 4 Argon pourrait apporter aux thérapeutes

Pour les thérapeutes, l’intérêt d’un nouveau modèle d’IA ne se mesure pas à sa place dans un classement de performances. La vraie question est de savoir s’il peut faciliter le travail quotidien et libérer du temps pour les patients. Gemini 4 Argon est conçu pour traiter des tâches complexes et de grandes quantités d’informations. Il pourrait donc se révéler utile pour les tâches comportant plusieurs étapes, même si son intérêt en thérapie n’a pas encore été établi par la recherche clinique. L’une de ses applications pratiques pourrait être l’organisation de longues notes désidentifiées. Un·e thérapeute pourrait demander à Argon de regrouper les observations par thèmes, comme la communication, les activités quotidiennes ou la participation. Il ou elle pourrait ensuite comparer le résumé aux notes d’origine et s’en servir comme point de départ pour préparer un rapport. Argon pourrait également aider à adapter les informations à différents publics. Un·e thérapeute pourrait lui demander d’expliquer un terme clinique en anglais courant à une famille ou de rendre un projet de rapport plus facile à comprendre. Cela pourrait être particulièrement utile lorsque les familles ont du mal à saisir le langage professionnel. Le ou la thérapeute devrait néanmoins relire le texte pour s’assurer qu’il est exact, respectueux et adapté à la famille concernée. Lors de la préparation des séances, un·e thérapeute pourrait demander à Argon de proposer plusieurs idées d’activités en lien avec un objectif précis, par exemple aider un enfant à s’entraîner à s’habiller ou à participer à un jeu de groupe. Il ou elle pourrait ensuite sélectionner et adapter les propositions en fonction des capacités, des intérêts et de la culture du patient, ainsi que de son environnement quotidien. L’intérêt résiderait dans l’éventail plus large de possibilités, et non dans la production d’un plan de traitement prêt à l’emploi. Argon pourrait aussi aider à accomplir des tâches chronophages qui ne mobilisent pas toute l’attention clinique du ou de la thérapeute : préparer la trame d’un rapport, élaborer des questions pour une réunion d’équipe ou organiser des notes de recherche, par exemple. Sa capacité à traiter des tâches en plusieurs étapes pourrait faciliter leur enchaînement. Toutefois, les thérapeutes devraient tester ces usages dans leur propre contexte plutôt que de présumer que le modèle leur fera gagner du temps ou améliorera les soins. Que ne peut pas faire l’IA ? Elle ne peut pas instaurer la confiance qui se construit dans la relation thérapeutique, repérer chaque changement dans l’expression ou le comportement d’un patient, ni comprendre pleinement le vécu d’une famille. Elle peut suggérer des éléments à prendre en considération, mais elle ne peut assumer la responsabilité de déterminer ce qui compte le plus pour une personne donnée. Il ne faudrait pas non plus considérer Argon comme particulièrement performant simplement parce qu’il est nouveau ou qu’il obtient de bons résultats aux tests publiés par l’entreprise. Ces résultats ne démontrent pas qu’il est plus exact que d’autres outils d’IA pour les tâches cliniques. Le modèle peut mal interpréter des informations ou produire une réponse erronée avec assurance ; ses résultats doivent donc être vérifiés par une personne. La confidentialité et la responsabilité doivent guider son utilisation. Les thérapeutes ne devraient pas saisir de renseignements permettant d’identifier un patient, à moins que leur organisation n’ait approuvé l’outil et les mesures de protection de la vie privée qu’il offre. Ils devraient informer les patients lorsque l’IA a contribué à la préparation de documents et rester responsables des décisions prises à partir de ses suggestions. Gemini 4 Argon pourrait surtout servir d’assistant pour organiser des informations, les simplifier et proposer des idées, mais pas de thérapeute. Les recherches devraient maintenant déterminer s’il réduit réellement le travail administratif, améliore la communication ou aide les cliniciens à préparer les soins. Son succès ne se mesurera pas à ce qu’il peut accomplir seul, mais à sa capacité à soutenir les thérapeutes tout en laissant le jugement clinique et les relations humaines au cœur des soins.

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L’IA et l’ergothérapie auprès des enfants présentant un TDC : accompagner les familles sans remplacer les thérapeutes

Un enfant présentant un trouble développemental de la coordination (TDC) peut avoir du mal à écrire à la main, à s’habiller, à pratiquer un sport ou à suivre le rythme des activités en classe. Ces difficultés peuvent affecter sa confiance en lui et sa participation, au-delà de ses seules capacités motrices. L’ergothérapie aide les enfants à prendre part aux activités qui comptent pour eux. Elle s’appuie sur une collaboration avec la famille et l’école afin que les exercices s’intègrent à la vie quotidienne. Un essai randomisé mené en 2025 a évalué un programme d’ergothérapie assisté par l’IA auprès de 42 enfants âgés de 8 à 12 ans et présentant un risque de TDC. Les enfants du groupe d’intervention ont suivi deux séances de thérapie par semaine pendant huit semaines. Leur écriture manuscrite s’est améliorée en vitesse, en alignement, en taille, en espacement, en forme et en lisibilité. Ces résultats sont encourageants, mais la petite taille de l’échantillon ne permet pas de savoir si les progrès se sont maintenus ni s’ils se sont généralisés à l’écriture quotidienne en classe (Demirci et al., 2025). Une seconde étude cherche à déterminer si les parents peuvent encadrer à domicile des exercices neuromoteurs avec l’aide d’un système d’analyse des mouvements par l’IA. Il s’agit d’un protocole d’essai, et non d’un compte rendu de résultats. Le protocole décrit une étude prévue auprès de 62 enfants présentant un TDC. Celle-ci comparera la physiothérapie conventionnelle à cette même approche, complétée par un programme de 12 semaines encadré par les parents. L’analyse vidéo doit permettre d’estimer certaines caractéristiques du mouvement, comme la coordination, la symétrie et la vitesse. Les résultats de l’essai seront nécessaires pour savoir si cette approche est bénéfique (Hullumani et Qureshi, 2026). Dans leur ensemble, ces études mettent en évidence deux utilisations possibles de l’IA : soutenir un programme thérapeutique ciblé, par exemple des exercices d’écriture manuscrite, et aider les familles à observer les mouvements de l’enfant lors d’activités à domicile. En d’autres termes, l’IA pourrait mesurer certaines caractéristiques visibles dans une vidéo et contribuer au suivi de leur évolution. Mais une mesure ne suffit pas à comprendre un enfant : la position de la caméra, l’éclairage, les vêtements et la façon de bouger propre à chaque enfant peuvent influer sur ce que le système détecte. Les résultats doivent donc être vérifiés avec soin. Pour les ergothérapeutes, l’IA pourrait aider à organiser les informations sur les progrès, à suggérer des activités à discuter et à suivre l’évolution des mouvements avec la pratique. À l’avenir, elle pourrait aussi contribuer au travail sur l’équilibre, la motricité manuelle, la planification, l’attention ou les routines quotidiennes. Il s’agit de possibilités à évaluer, et non de bénéfices établis. Les thérapeutes doivent vérifier que les propositions générées par l’IA sont adaptées aux objectifs et aux capacités de l’enfant, ainsi qu’à sa culture et à son environnement familial ou scolaire. Les parents pourraient-ils remplacer un·e thérapeute avec l’aide de l’IA ? L’IA peut les aider à faire pratiquer certaines activités entre les séances, mais elle ne doit se substituer ni à une évaluation professionnelle ni à un accompagnement individualisé. Les parents connaissent bien leur enfant et peuvent intégrer les exercices à la vie quotidienne. Les thérapeutes, quant à eux, disposent de la formation clinique nécessaire pour interpréter les difficultés, adapter les tâches et intervenir si les progrès stagnent ou si une nouvelle préoccupation apparaît. Un programme encadré par les parents est plus efficace lorsqu’il s’inscrit dans un partenariat, avec des consignes claires et la possibilité de solliciter l’avis d’un·e thérapeute. Le rôle du ou de la thérapeute pourrait donc évoluer, mais il ne disparaît pas. Les ergothérapeutes peuvent définir avec l’enfant et sa famille des objectifs qui ont du sens, encadrer les exercices pour qu’ils se déroulent en toute sécurité, interpréter les informations produites par l’IA et adapter le programme au besoin. Ils aident également à relier les progrès moteurs à la participation dans la vie quotidienne : jouer, faire ses devoirs ou s’habiller de façon autonome. Ils doivent expliquer les limites de l’IA, protéger les données des enfants, repérer les biais éventuels et rester responsables des décisions cliniques. La prochaine étape consiste à déterminer, par des recherches supplémentaires, si ces programmes améliorent la participation dans la vie quotidienne, si leurs effets perdurent et si les familles peuvent les utiliser facilement. L’IA pourrait faciliter les exercices et leur suivi, notamment dans les régions où l’accès aux services de thérapie est limité. Son utilité dépendra de notre capacité à préserver la dimension humaine des soins : écouter les enfants, accompagner les familles et aider chaque enfant à gagner en confiance et en autonomie. Références Demirci, O., Guney Yilmaz, G., et Köse, B. (2025). Artificial intelligence-supported occupational therapy program on handwriting skills in children at risk for developmental coordination disorder: Randomized controlled trial. Research in Developmental Disabilities, 161, 105009. https://doi.org/10.1016/j.ridd.2025.105009 Hullumani, S., et Qureshi, I. (2026). Development, validation and effectiveness of a parents led neuromotor training module with AI-based movement analysis for improving motor proficiency and sports participation in children with developmental coordination disorder: A protocol for an assessor-blinded randomized superiority controlled trial. Frontiers in Human Neuroscience, 20, 1931622. https://doi.org/10.3389/fnhum.2026.1931622

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