Author name: Dr. Rania Kassir

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GPT-6 Sol et Luna : une aide concrète pour les thérapeutes

OpenAI a lancé GPT-6 Sol et GPT-6 Luna environ 90 minutes après l’annonce de Claude Opus 5.5 par Anthropic. OpenAI indique que ces nouveaux modèles coûtent moins cher que ses modèles précédents. Pour les thérapeutes, la question essentielle n’est pas seulement celle du prix : ces outils peuvent-ils faciliter le travail quotidien tout en préservant la sécurité et la dimension personnelle des soins ? L’IA peut faciliter les tâches de rédaction et d’organisation. Elle peut, par exemple, rédiger une explication simple de l’anxiété, proposer des questions pour une discussion de groupe ou préparer une première version d’un exercice à réaliser entre les séances. Ces exemples sont donnés à titre indicatif et ne constituent pas des garanties. Le meilleur choix dépend de la tâche et de l’utilité réelle du résultat dans votre pratique. Pour voir comment ils pourraient s’intégrer à notre travail, nous avons examiné les tâches auxquelles chacun semble le mieux adapté : GPT-6 Sol : pour les tâches plus complexes Considérez Sol comme l’option la plus adaptée aux tâches qui exigent un raisonnement approfondi ou comportent plusieurs étapes. Il peut aider à résumer des recherches, à analyser de longs documents, à examiner des réglementations et des recommandations, ou à transformer des informations en supports ou en plans pratiques. Un thérapeute pourrait l’utiliser pour rassembler des informations, planifier un atelier détaillé ou préparer une première version d’un support de formation. OpenAI présente Sol comme un modèle aux performances proches d’Astra, mais moins coûteux. Ses réponses doivent néanmoins être vérifiées afin d’en confirmer l’exactitude et la pertinence au regard de vos besoins cliniques. GPT-6 Luna : pour les tâches rapides du quotidien Considérez Luna comme une option rapide et efficace. Elle peut être utile pour des tâches ciblées : reformuler un paragraphe dans un langage plus simple, traduire un texte, rédiger un courriel, résumer des notes ou proposer des idées. Elle peut également faciliter les tâches répétitives et répondre rapidement à des questions. Un thérapeute pourrait, par exemple, utiliser Luna pour obtenir rapidement des informations générales, rédiger des courriels, traduire un texte ou créer du matériel thérapeutique. Il pourrait lui demander de rendre un support plus facile à lire ou de proposer plusieurs façons d’expliquer une stratégie d’adaptation. Le thérapeute peut ensuite sélectionner et modifier la version qui lui convient le mieux. Sol et Luna en un coup d’œil Copy table Sol Luna Idéal pour Les tâches complexes ou détaillées Les tâches courantes et répétitives Raisonnement Les tâches en plusieurs étapes Les demandes ciblées Vitesse Rapide Très rapide Exemples Analyse de longs documents, planification, synthèse de recherches Reformulation, traduction, courriels, résumés, recherche d’idées Coût Plus élevé que celui de Luna Plus faible Pour commencer, choisissez une tâche simple et peu risquée. Vous pourriez demander à l’outil de simplifier un support ou de proposer différentes façons d’expliquer une stratégie d’adaptation. Vérifiez ensuite que le résultat est exact, clair, respectueux et adapté aux personnes que vous accompagnez. Protégez la confidentialité des clients : ne saisissez pas leur nom ni de renseignements permettant de les identifier, sauf si votre organisation a approuvé l’outil et les mesures de protection de la vie privée qui l’accompagnent. Pour tester l’IA, utilisez des exemples fictifs ou entièrement anonymisés. Vérifiez ensuite l’exactitude des résultats, le caractère respectueux de la formulation et son adéquation culturelle. L’IA peut omettre des détails importants ou formuler des suppositions : modifiez ou écartez tout élément qui ne correspond pas au client ou à votre jugement professionnel. Une utilisation responsable de l’IA dépend non seulement de l’outil, mais aussi de l’intention et de la manière dont on l’utilise. Nous devons choisir le modèle adapté à la tâche, qu’il s’agisse de résumer une recherche, de simplifier un support ou de rédiger un courriel. Apprendre à faire ce choix est une compétence qui se développe et qui peut aider à obtenir des réponses plus utiles, tout en plaçant le jugement professionnel au cœur de la pratique. GPT-6 Sol et Luna pourraient aider les thérapeutes à préparer plus rapidement des supports utiles et à organiser leurs idées. Leur véritable utilité dépendra de la prudence avec laquelle nous les utiliserons. L’IA peut soutenir notre travail, mais le thérapeute reste responsable de ce qui est communiqué et de la manière dont les soins sont dispensés.

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L’IA rédige des brouillons de réponse aux messages des patients

Lorsqu’un patient écrit à un thérapeute ou à un autre professionnel de santé, la réponse doit être exacte, claire et bienveillante. L’intelligence artificielle (IA) peut aider en préparant un brouillon. Mais celui-ci n’est qu’un point de départ : il peut ne pas tenir compte de toute la situation du patient et doit être vérifié par le professionnel avant d’être envoyé. Une étude publiée en 2025 a examiné cette approche dans un grand hôpital des Pays-Bas. Pendant 16 semaines, 100 médecins de 14 spécialités ont répondu à 919 messages de patients. Pour chaque message, ils pouvaient choisir un brouillon rédigé par l’IA ou rédiger leur réponse à partir d’une page blanche. L’étude a évalué la fréquence à laquelle les cliniciens choisissaient les brouillons, l’ampleur des modifications apportées et le temps nécessaire pour répondre (Bootsma-Robroeks et al., 2025). Les cliniciens ont choisi un brouillon généré par l’IA pour 58 % des messages. Parmi les réponses préparées à partir d’un brouillon, 43 % en conservaient au moins une partie de la formulation. Ces résultats montrent que les cliniciens étaient prêts à essayer cet outil, mais qu’ils n’utilisaient pas tous ses suggestions de la même manière : certains reprenaient une plus grande partie du brouillon, tandis que d’autres le remaniaient largement. L’étude n’a pas mis en évidence de gain de temps notable. Les réponses qui reprenaient une partie du brouillon de l’IA prenaient à peu près autant de temps que celles rédigées à partir d’une page blanche, soit environ deux minutes et demie. La relecture et la correction d’un brouillon peuvent prendre du temps : générer du texte ne rend donc pas nécessairement la tâche plus rapide dans son ensemble. Pour les thérapeutes, un brouillon généré par l’IA peut être utile pour répondre à des messages courants, par exemple pour confirmer un rendez-vous ou expliquer une procédure générale du cabinet. Il peut aussi aider à structurer une réponse lorsque le thérapeute est très occupé. Cela pourrait libérer du temps pour les soins en présence du patient. Toutefois, l’étude n’ayant pas montré que ces brouillons faisaient gagner du temps, cet avantage ne doit pas être tenu pour acquis. Les messages échangés dans le cadre d’une thérapie portent souvent sur des émotions, des relations et des expériences personnelles sensibles. Une réponse générée par l’IA peut sembler chaleureuse tout en passant à côté d’une signification importante, du contexte ou d’un changement dans l’état émotionnel du client. Elle peut aussi paraître impersonnelle ou ne pas correspondre à l’approche du thérapeute. Un brouillon ne doit jamais se substituer à l’évaluation du thérapeute, en particulier si un client semble en danger ou a besoin d’un soutien urgent. Les thérapeutes peuvent utiliser ces brouillons comme point de départ, tout en conservant leur propre voix et leur jugement clinique. Avant d’envoyer une réponse, ils devraient vérifier qu’elle est adaptée au client, qu’elle répond réellement à sa préoccupation et qu’elle ne promet pas plus que ce qu’ils peuvent offrir. Si un message appelle une discussion approfondie, le thérapeute peut juger préférable de proposer une séance ou un appel téléphonique plutôt que de répondre par écrit. Cette approche comporte également des responsabilités importantes. La confidentialité des patients doit être protégée, et les établissements de santé devraient expliquer comment ces outils sont utilisés et en évaluer le fonctionnement afin de repérer les erreurs ou les écarts de performance injustifiés. Les cliniciens restent responsables des messages qu’ils envoient, même lorsque l’IA a contribué à leur rédaction. Cette étude offre un premier aperçu de l’utilisation de l’IA pour faciliter les échanges avec les patients dans le cadre des soins courants. L’outil a été utilisé, mais aucun gain de temps manifeste n’a été démontré. De futures études devraient examiner si ces brouillons améliorent la clarté et la qualité des réponses, ce que les patients pensent de ces messages et si l’outil fonctionne de manière sûre auprès de différents publics et pour différents types de messages. Référence Bootsma-Robroeks, C. M. H. H. T., Workum, J. D., Schuit, S. C. E., Hoekman, A., Mehri, T., Doornberg, J. N., van der Laan, T. P., & Schoonbeek, R. C. (2025). AI-generated draft replies to patient messages: Exploring effects of implementation. Frontiers in Digital Health, 7, Article 1588143. https://doi.org/10.3389/fdgth.2025.1588143

English

GPT-6 Sol and Luna: Practical Help for Therapists

OpenAI released GPT-6 Sol and GPT-6 Luna about 90 minutes after Anthropic announced Claude Opus 5.5. OpenAI says the new models cost less than its previous models. For therapists, the key question is not just the price, it is whether these tools can help with everyday work while keeping care safe and personal. AI can help with writing and organizing tasks. For example, it can draft a simple explanation of anxiety, suggest questions for a group discussion, or prepare a first version of a between-session exercise. These are general descriptions, not guarantees. The best choice depends on the task and on whether the result is genuinely useful in your practice. To see how they might fit into our work, we explored what each tool is suited for: GPT-6 Sol: for more complex work Think of Sol as the stronger professional option for tasks that need careful reasoning or several steps. It may help with summarizing research, opening and analyzing very long documents, reviewing regulations and recommendations, and turning information into practical materials or plans. A therapist might use it to bring information together, plan a detailed workshop, or create a first draft of a training resource. OpenAI describes Sol as offering performance close to Astra at a lower cost, but its responses still need to be checked for accuracy and relevance to your clinical needs. GPT-6 Luna: for quick, everyday tasks Think of Luna as the fast and efficient option. It may be useful for focused tasks such as rewriting a paragraph in simpler language, translating text, drafting an email, summarizing notes, or generating ideas. It can also help with repetitive tasks and quick questions. For example, a therapist could use Luna to find everyday information quickly, draft emails, translate text, or create therapeutic materials, such as making a handout easier to read or suggesting several ways to explain a coping skill. The therapist can then choose and edit the version that works best. Sol and Luna at a glance  Sol  Luna Best for Complex or detailed tasks Everyday and repeated tasks Reasoning Stronger for multi-step work Good for focused requests Speed Fast Very fast Examples Reviewing long documents, planning, research summaries Rewriting, translation, emails, summaries, ideas Cost Higher than Luna Lower A practical way to begin is to choose one small, low-risk task. You could ask the tool to simplify a handout or suggest different ways to explain a coping skill. Check that the result is accurate, clear, respectful, and suitable for the people you work with. Protect client privacy: don’t enter names or identifying details unless your organization has approved the tool and its privacy protections. Use fictional or fully de-identified examples when testing AI. Then review the output for accuracy, respectful language, and cultural fit. AI may miss important details or make assumptions, so revise or discard anything that doesn’t fit the client or your professional judgment. Responsible AI use depends not just on the tool, but on our intention and how we use it. We need to choose the model that best fits the task, whether we’re summarizing research, simplifying a handout, or drafting an email. Learning to make that choice is a skill we can develop, helping us get more useful responses while keeping professional judgment at the center. GPT-6 Sol and Luna may offer therapists a quicker way to prepare useful materials and organize ideas. Their real value will depend on how carefully we use them. AI can support the work, but the therapist remains responsible for what is shared and how care is provided.

English

AI Draft Replies to Patient Messages

When a patient sends a message to a therapist or clinician, the reply needs to be accurate, clear, and caring. Artificial intelligence (AI) can help by preparing a draft response. But a draft is only a starting point: it may not understand the patient’s full situation, and a clinician must check it before sending. A 2025 study examined this approach in a large hospital in the Netherlands. Over 16 weeks, 100 physicians from 14 specialties responded to 919 patient messages. For each message, they could start with an AI-written draft or write a reply from a blank page. The study looked at how often clinicians chose drafts, how much they changed them, and how long replies took (Bootsma-Robroeks et al., 2025). Clinicians chose an AI draft for 58% of the messages. Among the replies that began with a draft, 43% kept at least some of its wording. This shows that clinicians were willing to try the tool, but they did not always use its suggestions in the same way. Some kept more of the draft; others changed most of it. The study found no clear time saving. Replies that used some of the AI draft took about the same time as replies written from a blank page: around two and a half minutes. Reviewing and correcting a draft may take time, so generating text does not necessarily make the whole task faster. For therapists, an AI draft may be useful for routine messages, such as confirming an appointment or explaining a general practice procedure. It may also help organize a response when a therapist is busy. This could leave more time for direct care—but the study did not show that these drafts saved time, so this benefit should not be assumed. Therapy messages often involve personal feelings, relationships, and sensitive experiences. An AI-generated reply may sound warm but still miss important meaning, context, or changes in a client’s emotional state. It could also suggest wording that feels impersonal or does not fit the therapist’s approach. A draft should never replace a therapist’s assessment, especially when a client may be at risk or needs urgent support. Therapists can use drafts as a starting point while keeping their own voice and clinical judgment. Before sending, they should check that the reply fits the client, responds to the actual concern, and does not promise more than the therapist can provide. If a message needs careful discussion, the therapist may decide that a session or phone call is more appropriate than a written reply. There are also important responsibilities. Patients’ private information must be protected, and health services should explain how these tools are used and check them for errors or unfair differences in performance. Clinicians remain responsible for the messages they send, even when AI has helped write them. This study provides an early look at AI-assisted patient communication in everyday care. The tool was used, but it did not yet show clear time savings. Future studies should examine whether it improves the clarity and quality of replies, how patients feel about receiving them, and whether it works safely for different people and types of messages. Reference Bootsma-Robroeks, C. M. H. H. T., Workum, J. D., Schuit, S. C. E., Hoekman, A., Mehri, T., Doornberg, J. N., van der Laan, T. P., & Schoonbeek, R. C. (2025). AI-generated draft replies to patient messages: Exploring effects of implementation. Frontiers in Digital Health, 7, Article 1588143. https://doi.org/10.3389/fdgth.2025.1588143

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L’IA à l’Éducation nationale : passer à l’échelle sans perdre de vue l’humain

L’intelligence artificielle (IA) entre peu à peu dans les écoles et les services administratifs. Pour une enseignante, elle peut aider à préparer une activité ou à adapter un texte au niveau de ses élèves. Mais elle ne connaît pas chaque enfant et ne peut pas remplacer le jugement d’un professionnel. La question est donc moins de savoir si l’IA peut être utilisée que de définir comment elle peut être utile, fiable et bien encadrée. La feuille de route 2026-2027 du ministère de l’Éducation nationale veut organiser ces usages à grande échelle. Le ministère accompagne environ 12 millions d’élèves et 1,2 million d’agents. Il souhaite dépasser les essais isolés et développer des outils qui répondent à des besoins concrets. Son principe central est clair : l’IA peut aider, mais la décision doit rester humaine. La première priorité est d’aider les enseignants et les autres personnels dans leur travail quotidien. L’IA pourrait, par exemple, proposer une première version d’une activité, aider à préparer une évaluation ou adapter un document. Ces propositions doivent toujours être relues et ajustées par le professionnel, qui connaît les élèves, leurs besoins et le contexte de la classe. Le ministère évoque aussi des outils qui pourraient accompagner les élèves dans leurs apprentissages, par exemple en les guidant par des questions plutôt qu’en leur donnant directement la réponse. Cette approche peut encourager la réflexion, mais elle ne garantit pas à elle seule un meilleur apprentissage. Il faudra vérifier que ces outils aident réellement les élèves à comprendre et à devenir plus autonomes. La deuxième priorité est de simplifier certaines tâches administratives. Des outils d’IA pourraient aider à rédiger ou à résumer des messages, à retrouver des informations ou à faciliter certaines démarches. Le temps ainsi gagné pourrait être consacré aux élèves, aux familles et aux missions qui demandent une attention particulière. Mais il faudra aussi compter le temps nécessaire pour vérifier les résultats et corriger les erreurs. La troisième priorité concerne les systèmes informatiques du ministère. Celui-ci souhaite disposer d’outils sûrs, mieux contrôlés et adaptés à ses besoins. Il ne suffit pas de choisir une technologie : les services doivent aussi pouvoir comprendre son fonctionnement, protéger les informations utilisées et vérifier que les outils remplissent correctement leur rôle. Pour que ces projets soient utiles, les personnels doivent être accompagnés et formés. Il ne s’agit pas seulement d’apprendre à poser une question à une IA. Il faut aussi savoir que ses réponses peuvent être fausses, incomplètes ou influencées par des biais. Les échanges entre professionnels et le partage d’expériences seront importants pour repérer les usages qui aident vraiment sur le terrain. La protection des élèves et des personnels doit rester une priorité. Les informations personnelles doivent être protégées, et les décisions importantes ne devraient pas reposer uniquement sur une réponse produite par un outil. Les utilisateurs doivent savoir quand l’IA intervient, pouvoir vérifier ses résultats et rester responsables de leurs choix professionnels. Cette feuille de route ouvre une nouvelle étape, mais son succès ne se mesurera pas au nombre d’outils installés. Il dépendra de leur utilité réelle, de leur fiabilité et de leur capacité à soutenir le travail des équipes sans affaiblir la relation humaine. Des évaluations menées avec les personnels et les élèves aideront à améliorer les pratiques et à décider, avec prudence, de la suite à donner. Référence Ministère de l’Éducation nationale. (2026). Une IA utile, humaine et souveraine pour les services publics : Feuille de route 2026–2027 du ministère de l’Éducation nationale. https://s3.rbx.io.cloud.ovh.net/sites-faciles/sites-faciles-alliance/documents/20260901_Synthese-FDR-IA_MEN_VF.pdf?X-Amz-Algorithm=AWS4-HMAC-SHA256&X-Amz-Credential=15b12783e5fa40bfbe2c5e8583b51f3e%2F20260930%2Frbx%2Fs3%2Faws4_request&X-Amz-Date=20260930T092831Z&X-Amz-Expires=3600&X-Amz-SignedHeaders=host&X-Amz-Signature=bcc4f55a1de35740b4afcc00aa0f15915b679d7d258dc649c1e8616cd703fc1d

French

De l’idée au prototype interactif : utiliser les Artifacts de Claude en thérapie

Imaginez pouvoir décrire une activité que vous aimeriez voir exister et obtenir un prototype interactif simple à explorer. Les Artifacts de Claude sont des créations autonomes, applications interactives, visualisations ou outils, par exemple, que Claude génère à partir d’une conversation. Vous pouvez les prévisualiser, demander à Claude de les modifier et, lorsque cette option est disponible, les partager avec d’autres personnes. Pour les thérapeutes, cela pourrait ouvrir de nouvelles possibilités pour soutenir les apprentissages, la communication, le mouvement et les compétences du quotidien, au-delà de la création d’une nouvelle fiche d’activité. Un thérapeute pourrait, par exemple, concevoir le prototype d’une activité visuelle dans laquelle une personne trie des objets, suit une séquence ou fait des choix dans une situation familière. L’activité pourrait intégrer des images, des sons, des consignes de mouvement ou de simples animations, puis être adaptée en fonction du rythme, des consignes ou du niveau de difficulté. Une routine interactive pourrait aider une personne à s’exercer à se préparer, à anticiper une transition ou à accomplir une tâche dans l’ordre. Un autre prototype pourrait l’inviter à suivre une séquence de mouvements, à choisir une image pour poursuivre une histoire, à associer une action à un son ou à s’exercer à demander de l’aide. Ce sont des pistes à explorer, et non des traitements prêts à l’emploi ni des substituts à une évaluation professionnelle. Plus largement, les thérapeutes peuvent expérimenter des idées qu’il serait autrement difficile ou coûteux de concrétiser. Une équipe pourrait créer un emploi du temps visuel simple, un jeu pour s’exercer à attendre son tour ou une animation illustrant un mouvement ou un concept. Le thérapeute apporte l’objectif et son expertise clinique ; l’IA peut aider à explorer les façons de donner forme à l’idée. Comment créer un Artifact Un prototype fonctionnel ne constitue pas automatiquement un outil thérapeutique adapté. Les activités générées par l’IA ne doivent pas être considérées comme des évaluations ou des interventions validées. Il incombe au thérapeute de déterminer si un outil convient à la personne, à ses objectifs et au contexte clinique. La confidentialité doit être protégée tout au long du processus : n’incluez dans les prompts ni les prototypes aucun nom, note de séance, renseignement permettant d’identifier un client ou information sensible le concernant. Respectez les politiques de votre lieu de travail et les recommandations professionnelles, et vérifiez les paramètres de partage avant toute publication. Claude peut aider à créer et à modifier une idée, mais il ne peut pas observer un client, exercer un jugement clinique ni assumer la responsabilité des soins. Les Artifacts peuvent donner forme à une idée de thérapeute et permettre de l’explorer et de l’adapter. Choisissez une activité que vous aimeriez voir exister, décrivez-la sans inclure d’informations sur un client et voyez quel prototype vous pouvez créer. Puis, exercez votre jugement professionnel pour déterminer s’il est utile et pour qui.

English

From Idea to Interactive Prototype: Using Claude Artifacts in Therapy

Imagine describing an activity you wish existed and getting a simple interactive prototype to explore. Claude Artifacts are stand-alone creations, such as interactive apps, visualizations, or tools, that Claude generates from a conversation. You can preview them, ask Claude to revise them, and, where available, share them with others. For therapists, this could mean exploring new ways to support learning, communication, movement, and everyday skills, not just drafting another worksheet. A therapist might prototype a visual activity where someone sorts objects, follows a sequence, or makes choices in a familiar situation. The activity could use pictures, sounds, movement prompts, or simple animations, then be adapted for pace, instructions, or level of challenge. An interactive routine might help someone practise getting ready, preparing for a transition, or completing a task in order. Another prototype could invite them to follow a movement pattern, choose a picture to continue a story, match an action to a sound, or practise asking for help. These are ideas to explore, not ready-made treatments or substitutes for professional assessment. The wider opportunity is that therapists can experiment with ideas that might otherwise be difficult or costly to build. A team could create a basic visual schedule, a turn-taking game, or an animation to demonstrate a movement or concept. The therapist brings the purpose and clinical expertise; AI can help explore how the idea might take shape. How to create an Artifact A working prototype is not automatically a suitable therapy tool. AI-generated activities should not be treated as validated assessments or interventions. The therapist remains responsible for deciding whether a tool fits the person, their goals, and the clinical context. Privacy matters throughout the process: do not include names, session notes, identifying details, or sensitive client information in prompts or prototypes. Follow workplace policies and professional guidance, and check sharing settings before publishing. Claude can help build and revise an idea, but it cannot observe a client, make clinical judgments, or take responsibility for care. Artifacts can turn a therapist’s idea into something tangible to explore and adapt. Start with one activity you wish existed, describe it without client information, and see what you can prototype, then use your professional judgment to decide whether it is useful, and for whom.

French

Ce que l’IA fait aux jeunes apprenants

L’intelligence artificielle (IA) fait désormais partie de la vie scolaire quotidienne. Plus de la moitié des adolescents américains déclarent utiliser des chatbots d’IA pour les aider dans leur travail scolaire. Pour les thérapeutes, les enseignants et les familles, la question importante n’est pas seulement de savoir si l’IA aide les élèves à obtenir de meilleures notes, mais aussi de comprendre comment elle peut influencer leur manière d’apprendre, de réfléchir et de résoudre les problèmes. Une étude menée en 2025 auprès de près de 1 000 lycéens a montré que les élèves utilisant ChatGPT amélioraient leurs performances en mathématiques de 48 %. Toutefois, lorsque ChatGPT était retiré, ces élèves obtenaient des résultats inférieurs de 17 % à ceux des élèves qui ne l’avaient jamais utilisé (Bastani et al., 2025). Cela laisse penser que les élèves peuvent réussir leurs tâches avec l’aide de l’IA sans avoir véritablement appris à les réaliser de manière autonome. Une des explications possibles est le déport cognitif. Ce terme désigne le fait d’utiliser un outil externe pour effectuer une partie du raisonnement à notre place. Les êtres humains ont toujours utilisé des outils tels que les calculatrices, les calendriers et les moteurs de recherche. Ces outils peuvent être utiles, mais des difficultés peuvent apparaître lorsque l’IA réalise l’essentiel du raisonnement au lieu de soutenir celui de l’élève. Les jeunes apprennent grâce à la pratique, aux erreurs et à l’effort. Lorsqu’ils rencontrent des difficultés face à un problème complexe, ils développent des compétences telles que l’attention, la mémoire, la planification et la persévérance. Si l’IA fournit immédiatement la réponse, les élèves peuvent éviter ce processus d’apprentissage essentiel. Ils peuvent terminer leur devoir plus rapidement, mais retenir moins d’informations par la suite. Cela ne signifie pas que toute difficulté est bénéfique. Les élèves ont besoin de soutien lorsque le travail est trop difficile ou lorsqu’ils se sentent dépassés. Toutefois, un certain niveau d’effort est nécessaire à l’apprentissage. Les thérapeutes et les enseignants devraient donc aider les élèves à utiliser l’IA comme un guide, et non comme un substitut à la réflexion. La même étude a montré que la manière dont l’IA est conçue fait une différence. Les élèves tiraient davantage profit du système lorsque celui-ci fournissait des indices et des explications au lieu de donner simplement la réponse finale. Ce type de soutien peut les encourager à réfléchir, à réessayer et à comprendre leurs erreurs. L’utilisation de l’IA devrait progressivement devenir moins nécessaire à mesure que l’élève gagne en confiance. Ces questions sont particulièrement importantes pour les jeunes qui présentent de l’anxiété, des difficultés attentionnelles, des troubles des apprentissages ou une faible confiance en eux. L’IA peut réduire le stress à court terme, mais une dépendance constante peut amener les élèves à croire qu’ils ne peuvent pas réussir sans aide technologique. Les thérapeutes devraient donc se demander non seulement : « L’élève a-t-il terminé la tâche? », mais aussi : « Qu’a-t-il compris et que peut-il faire de manière autonome? » L’IA peut néanmoins être utile dans l’éducation et la thérapie. Elle peut expliquer des notions complexes dans un langage plus simple, fournir des exemples, soutenir l’organisation ou proposer des retours. Toutefois, les professionnels doivent prendre en compte la confidentialité, l’exactitude, les biais et la possibilité que l’IA fournisse des informations affirmées avec assurance, mais incorrectes. Le jugement et la responsabilité humains doivent rester centraux. L’objectif ne devrait pas être d’empêcher les jeunes d’utiliser l’IA. Ils doivent plutôt apprendre à s’en servir de manière réfléchie. Les recherches futures devront examiner les effets à long terme de l’IA sur les apprentissages, la confiance en soi et la pensée autonome. Utilisée avec discernement, l’IA peut soutenir le développement; utilisée sans limites, elle peut réduire l’effort et la réflexion nécessaires à un véritable apprentissage. Références Bastani, H., Bastani, O., Sungu, A., Ge, H., Kabakcı, Ö. et Mariman, R. (2025). L’IA générative sans garde-fous peut nuire aux apprentissages : données issues de l’enseignement des mathématiques au secondaire. Proceedings of the National Academy of Sciences, 122(26), e2422633122. https://doi.org/10.1073/pnas.2422633122

French

Lorsque les dirigeants de l’IA déclarent : « Ralentissons »

Cette semaine, plusieurs figures majeures du secteur de l’IA ont exprimé la même inquiétude. Dario Amodei, d’Anthropic, a averti que l’IA se développait plus rapidement que prévu. Sam Altman, d’OpenAI, et Elon Musk, de xAI, ont soutenu ce message. Satya Nadella, directeur général de Microsoft, a également déclaré que la superintelligence, une IA qui pourrait devenir meilleure que les humains dans presque tous les domaines, ne devrait pas être développée sans contrôle humain. Le roi Charles réunit également des dirigeants de Nvidia, Google DeepMind, OpenAI et Anthropic afin de discuter de la sécurité de l’IA. En tant que thérapeutes, cette évolution nous préoccupe, car cet avertissement vient des personnes qui construisent ces systèmes. La superintelligence ne se limiterait pas à jouer aux échecs ou à écrire du code informatique. Elle pourrait potentiellement prendre des décisions, créer des informations et influencer les comportements humains à un niveau dépassant la compréhension humaine. Un système aussi puissant pourrait apporter des bénéfices importants, mais également causer de graves préjudices s’il était mal contrôlé. Des films populaires tels que 2001 : l’Odyssée de l’espace et Terminator présentent souvent l’IA comme dangereuse. Ces récits sont exagérés, mais ils soulèvent une question bien réelle : que se passe-t-il lorsque la technologie devient plus puissante que les personnes qui l’utilisent? L’inquiétude principale n’est pas nécessairement que l’IA devienne un « robot tueur ». La préoccupation plus profonde est que les êtres humains puissent perdre le contrôle de systèmes qu’ils ne comprennent pas pleinement. Pour les thérapeutes, cette question est directement liée au comportement humain et à la santé mentale. L’IA influence déjà la manière dont les individus apprennent, communiquent, travaillent et prennent des décisions. Certaines personnes pourraient accorder davantage de confiance à l’IA qu’aux professionnels, tandis que d’autres pourraient devenir émotionnellement dépendantes des systèmes d’IA. Ces changements pourraient avoir des répercussions sur les relations, la confiance en soi, l’attention, la prise de décision et le développement social. L’IA peut être utile en thérapie et en réadaptation. Elle peut soutenir la documentation, fournir du matériel éducatif, faciliter la communication ou aider les professionnels à organiser les informations. Toutefois, elle peut également donner des réponses inexactes, mal interpréter les émotions ou reproduire les biais présents dans ses données d’entraînement. Une réponse qui semble bienveillante et professionnelle peut néanmoins être cliniquement dangereuse. Un thérapeute comprend l’histoire, les émotions, la culture, les relations et la communication non verbale du patient. L’IA ne possède ni expérience humaine ni responsabilité professionnelle. Elle ne peut pas comprendre pleinement ce qui se cache derrière le silence, la peur, la résistance ou le récit personnel d’un patient. L’expression « ralentir » ne signifie pas nécessairement mettre fin au développement de l’IA. Elle peut signifier tester les systèmes plus rigoureusement, étudier leurs risques, protéger les données privées et instaurer des limites claires avant d’autoriser l’IA à prendre des décisions importantes. Dans la pratique clinique, l’utilisation de l’IA s’apparente à l’introduction d’un nouveau traitement : les professionnels ont besoin de données probantes, d’un suivi de la sécurité et d’un jugement rigoureux avant de l’utiliser à grande échelle. Pendant cette période de développement rapide, nous avons également, en tant que professionnels de santé, une responsabilité importante. Nous devons orienter la manière dont l’IA est intégrée à notre pratique, comprendre ses limites et prendre en compte ses conséquences éthiques. Cela ne signifie pas refuser d’utiliser l’IA, mais l’employer avec discernement, prudence et une conscience suffisante de ses enjeux pour protéger les patients et préserver les standards professionnels. La question importante est de savoir si ces avertissements publics entraîneront de véritables changements. Les entreprises d’IA modifieront-elles leurs projets, retarderont-elles les systèmes présentant des risques et établiront-elles des règles de sécurité plus strictes? Ou tiendront-elles un discours responsable en public tout en continuant à se livrer une compétition en privé? Les paroles ont leur importance, mais la véritable responsabilité doit se traduire par des décisions transparentes et des limites mesurables. En tant que thérapeutes, chercheurs et membres de la société, nous sommes tous confrontés à la même question : jusqu’où l’IA doit-elle aller? L’IA pourrait améliorer les soins de santé et la vie humaine, mais le progrès ne devrait pas être mesuré uniquement en fonction de ce que la technologie peut accomplir. Il devrait également être évalué selon sa capacité à protéger la dignité humaine, la sécurité, les relations et la responsabilité professionnelle.

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What AI Is Doing to Young Learners

Artificial intelligence (AI) is becoming part of everyday school life. More than half of U.S. teenagers say they use AI chatbots to help with schoolwork. For therapists, educators, and families, the important question is not only whether AI helps students get better grades, but also how it may affect the way they learn, think, and solve problems. A 2025 study of almost 1,000 high school students found that students using ChatGPT improved their mathematics performance by 48%. However, when ChatGPT was removed, these students performed 17% worse than students who had never used it (Bastani et al., 2025). This suggests that students may complete tasks successfully with AI without fully learning how to do the work independently. One reason may be cognitive offloading. This means using an outside tool to do part of the thinking for us. People have always used tools such as calculators, calendars, and search engines. These tools can be helpful, but problems may occur when AI does the main thinking instead of supporting the student’s own reasoning. Young people learn through practice, mistakes, and effort. When students struggle with a difficult problem, they develop skills such as attention, memory, planning, and persistence. If AI immediately provides the answer, students may avoid this important learning process. They may finish the assignment more quickly but remember less afterward. This does not mean that all struggle is helpful. Students need support when work is too difficult or when they feel overwhelmed. However, some level of effort is necessary for learning. Therapists and educators should therefore help students use AI as a guide, not as a replacement for thinking. The same study showed that the way AI is designed makes a difference. Students benefited more when the system gave hints and explanations instead of simply providing the final answer. This type of support can encourage students to think, try again, and understand their mistakes. AI should gradually become less necessary as the student becomes more confident. These issues are especially important for young people with anxiety, attention difficulties, learning disabilities, or low confidence. AI may reduce stress in the short term, but constant dependence on it may make students believe they cannot succeed without technological help. Therapists should therefore ask not only, “Did the student complete the task?” but also, “What did the student understand and what can they do independently?” AI can still be useful in education and therapy. It may explain difficult ideas in simpler language, provide examples, support organisation, or offer feedback. However, professionals must consider privacy, accuracy, bias, and the possibility that AI may give confident but incorrect information. Human judgment and responsibility must remain central. The goal should not be to stop young people from using AI. Instead, they need to learn how to use it wisely. Future research should examine the long-term effects of AI on learning, confidence, and independent thinking. Used carefully, AI can support development; used without limits, it may reduce the effort and reflection that real learning requires. References Bastani, H., Bastani, O., Sungu, A., Ge, H., Kabakcı, Ö., & Mariman, R. (2025). Generative AI without guardrails can harm learning: Evidence from high school mathematics. Proceedings of the National Academy of Sciences, 122(26), e2422633122. https://doi.org/10.1073/pnas.2422633122

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