Pouvez-vous savoir si un contenu a été créé par l’IA ?

L’intelligence artificielle peut désormais créer des images, des vidéos et des textes très réalistes. Auparavant, on recherchait des signes évidents, comme des mains étranges, des visages inhabituels, des fautes d’orthographe ou une écriture robotique. Ces signes peuvent encore apparaître, mais ils sont de moins en moins fiables. Les systèmes d’IA progressent rapidement et les utilisateurs peuvent également modifier les contenus générés par l’IA avant de les partager.

De nombreuses personnes pensent être capables d’identifier les contenus générés par l’IA. Pourtant, les recherches montrent que cette tâche est souvent difficile. Lorsqu’il s’agit de déterminer si une image, une vidéo ou un texte a été créé par l’IA, les performances humaines peuvent dépassent à peine le niveau du hasard. Cela signifie que les thérapeutes, les enseignants et les chercheurs peuvent être convaincus de leur jugement tout en se trompant. Les décisions importantes ne devraient donc jamais reposer uniquement sur des impressions personnelles.

Il est important de comprendre qu’un contenu inhabituel n’a pas nécessairement été créé par l’IA. Une écriture peut sembler différente parce qu’une personne utilise l’anglais comme deuxième langue, traduit ses idées ou adopte un style formel. Une image peut paraître étrange en raison d’un mauvais éclairage, d’une faible qualité ou de retouches importantes. Ces possibilités doivent être envisagées avant de tirer une conclusion.

Les thérapeutes et les chercheurs doivent être conscients de deux risques principaux. Le premier consiste à faire trop rapidement confiance à un contenu généré par l’IA parce qu’il paraît professionnel ou semble formulé avec assurance. Le second consiste à soupçonner à tort un contenu authentique simplement parce qu’il paraît très travaillé ou inhabituel. Une accusation infondée peut nuire à un patient, à un élève, à un collègue ou à un participant de recherche, notamment lorsqu’elle a des conséquences sur les soins, la scolarité, l’emploi ou la réputation professionnelle.

Une approche plus sûre consiste à chercher l’origine du contenu et à comprendre comment il a été créé. Lorsque cela est possible, les professionnels peuvent examiner le fichier original, sa date de création ainsi que les éventuels éléments retraçant les modifications qui lui ont été apportées. Il peut également être utile de comparer le contenu avec les notes cliniques, des travaux antérieurs, des observations directes ou d’autres informations fiables. Aucun indice isolé ne permet de prouver qu’un contenu est authentique ou qu’il a été généré par l’IA.

Les outils de détection de l’IA peuvent parfois être utiles, mais ils ne doivent pas être considérés comme des arbitres définitifs. Ils peuvent, à tort, identifier comme étant générés par l’IA un texte rédigé par une personne, en particulier lorsque celui-ci est formel, simple, traduit ou écrit par quelqu’un qui utilise l’anglais comme langue supplémentaire. Ils peuvent également ne pas détecter un texte généré par l’IA qui a été modifié par une personne. Le résultat fourni par un outil de détection doit être considéré comme une invitation à approfondir les vérifications, et non comme une preuve.

Cette question est particulièrement importante en thérapie. Un patient peut utiliser une image, une histoire ou un personnage généré par l’IA pour communiquer des émotions difficiles à exprimer directement. Le contenu peut ne pas décrire un événement réel, tout en représentant une expérience émotionnelle bien réelle. En revanche, si ce contenu sert à documenter des faits de maltraitance, une blessure, une situation préoccupante en matière de protection ou une question juridique, le thérapeute doit rechercher des éléments complémentaires et suivre les procédures professionnelles appropriées.

L’IA peut également produire des notes cliniques, des synthèses, des courriers d’orientation et des projets de recherche. Même si le texte est fluide, les informations peuvent être inexactes. L’IA peut omettre des détails importants, modifier le sens des événements ou présenter comme certaines des informations qui ne le sont pas. Avant de les utiliser, les professionnels doivent vérifier les informations importantes à partir des dossiers originaux, des résultats d’évaluation et de leurs propres observations.

La compétence la plus importante n’est pas de parvenir à repérer parfaitement les contenus générés par l’IA. Les thérapeutes et les chercheurs doivent plutôt apprendre à gérer l’incertitude. Ils doivent tenir compte de la finalité du contenu, des conséquences possibles d’une erreur et de la qualité des éléments disponibles. Les professionnels doivent faire preuve de transparence concernant leur utilisation des outils d’IA et rester responsables de leurs décisions. Un questionnement rigoureux, le respect des personnes et le jugement professionnel sont plus fiables que les conclusions hâtives.

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