Microsoft rend son IA 3D open source : quelles implications pour la thérapie ?

Microsoft a rendu accessible en open source un nouveau système de génération 3D. Cela signifie que les chercheurs, les développeurs et les studios peuvent accéder au modèle, à son code et aux informations relatives à son entraînement. Ils peuvent l’exécuter localement et l’adapter à différents projets. Le système peut créer des objets tridimensionnels à partir d’images et les exporter pour une utilisation dans des logiciels tels que Blender et Unreal Engine.

Le système est également très rapide. Microsoft indique qu’il peut créer, en environ trois secondes, un objet 3D de 5123 (un modèle tridimensionnel très détaillé composé d’une grille de 512×512×512 petits points appelés voxels) lorsqu’il est utilisé sur un ordinateur puissant équipé d’un processeur NVIDIA H100. Les objets plus grands et plus détaillés peuvent nécessiter entre 17 et 60 secondes. Toutefois, cette technologie requiert un équipement coûteux, Linux ainsi qu’une carte graphique NVIDIA disposant d’au moins 24 Go de mémoire.

Pour les thérapeutes, la génération 3D pourrait offrir de nouvelles possibilités pour créer des supports visuels et interactifs. Un ergothérapeute pourrait, par exemple, créer un modèle de chaise, d’ustensile de cuisine, de fauteuil roulant ou de salle de bains. Ce modèle pourrait aider les patients à comprendre les enjeux de sécurité, à s’exercer aux activités de la vie quotidienne ou à réfléchir aux aménagements de leur environnement domestique.

Les modèles tridimensionnels peuvent être particulièrement utiles aux patients qui apprennent plus facilement à partir d’images et d’objets qu’à partir d’explications orales. Les thérapeutes pourraient les utiliser pour montrer comment tenir un objet, se déplacer dans une pièce ou utiliser un dispositif d’assistance. Cela pourrait notamment soutenir les enfants et les personnes présentant des difficultés de communication, des troubles cognitifs ou des difficultés d’apprentissage.

Cette technologie pourrait également contribuer à l’enseignement et à la recherche. Les étudiants et les professionnels pourraient créer des logements, des lieux de travail ou des espaces collectifs virtuels afin d’étudier l’accessibilité, l’équilibre, la mobilité, l’attention et la résolution de problèmes. Toutefois, un modèle d’apparence réaliste n’est pas nécessairement exact. L’IA peut générer des objets dont les dimensions, les formes ou certains détails sont incorrects ; les thérapeutes doivent donc vérifier chaque modèle avant de l’utiliser.

L’accès open source peut permettre aux chercheurs d’étudier le système plus précisément et de décrire la manière dont il a été utilisé. Néanmoins, le caractère open source ne signifie pas que cette technologie est automatiquement sûre ou validée sur le plan clinique. Les résultats dépendent de l’image utilisée, des instructions fournies et du processus de modification. La protection de la vie privée est également essentielle lors de l’utilisation de photographies de patients, d’images de leur domicile ou de scans corporels.

Les thérapeutes restent responsables de toutes les décisions professionnelles. L’IA doit soutenir le jugement clinique, et non le remplacer. Les professionnels doivent documenter la manière dont chaque modèle a été créé, expliquer l’utilisation de l’IA lorsque cela est pertinent, protéger les informations relatives aux patients et s’assurer que le support final est compréhensible et adapté à la personne.

Le système de génération 3D de Microsoft pourrait devenir utile en thérapie, dans l’enseignement et dans la recherche. Son intérêt réside dans sa capacité à aider les professionnels à créer plus facilement des supports personnalisés et interactifs. Une utilisation sûre nécessitera une vérification rigoureuse, une protection de la vie privée, une documentation claire ainsi que des recherches complémentaires sur ses bénéfices et ses limites.

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