
Lors d'une récente séance de supervision, un stagiaire a partagé une idée d'un outil simple pour aider un patient à suivre l'humeur entre les séances. Il n'y a pas longtemps, cette idée serait probablement restée théorique à moins qu'un développeur ne soit impliqué. Aujourd'hui, avec OpenAI qui vient de publier des sites Codex, une idée écrite peut être transformée en une application de travail qui peut être partagée par un simple lien. Cela change non seulement ce que nous pouvons construire, mais comment nous pensons appliquer des idées dans les soins cliniques.
Ce qui est nouveau n'est pas seulement un codage plus rapide, mais un processus plus simple dans l'ensemble. Dans le passé, la construction d'un outil exigeait la planification, la conception, la programmation, les essais et l'hébergement. Chaque étape exigeait du temps et souvent des compétences différentes. Maintenant, une grande partie de cela peut se produire par une conversation guidée avec un système. Cela réduit la distance entre avoir une idée et la voir en action.
D'un point de vue clinique, cela peut appuyer notre façon de penser et de raisonner. Le concept du « mental étendu » suggère que les outils peuvent nous aider à réfléchir plus efficacement (Clark et Chalmers, 1998). Lorsque les cliniciens peuvent rapidement transformer les idées en petits outils de travail, ils peuvent tester, réfléchir et affiner leur pensée. Cela peut encourager une approche plus active et plus souple de la résolution des problèmes dans la pratique.
Ce changement a une valeur pratique dans différents domaines. Un thérapeute peut créer une application simple pour le suivi de l'humeur, des rappels d'adaptation ou des commentaires de session. Un chercheur pourrait concevoir un outil pour recueillir des données de façon plus personnalisée. Au lieu de ne compter que sur des outils standard, les cliniciens peuvent commencer à façonner des outils qui répondent mieux à leurs besoins et contextes.
Cependant, la facilité de création ne garantit pas la qualité. Un outil qui fonctionne techniquement n'est pas toujours cliniquement approprié. La pratique fondée sur des données probantes exige toujours une théorie, une recherche et un jugement prudent (Sackett et coll., 1996). Sans cette base, il y a un risque de créer des outils qui sont engageants mais pas efficaces, voire trompeurs.
L'examen de domaines comme la science de la conception peut fournir des conseils utiles. De nouveaux outils sont souvent élaborés en petites étapes, testés et améliorés au fil du temps (Hevner et coll., 2004). Les cliniciens peuvent adopter un état d'esprit similaire, tout en restant attentifs à la sécurité et à la validité. L'itération est précieuse, mais elle doit être guidée par les connaissances cliniques et le bien-être des patients.
Ces développements peuvent également changer la façon dont les cliniciens voient leur rôle. Certains peuvent commencer à agir non seulement comme praticiens, mais aussi comme créateurs d'outils numériques simples. Cela peut se sentir autonomisant, mais aussi inconnu. De nombreux cliniciens n'ont pas de formation formelle en technologie, donc le soutien et l'éducation seront importants pour une utilisation responsable.
Les considérations éthiques sont au cœur de ce processus. Lorsque les cliniciens créent ou utilisent des outils numériques, ils sont responsables de la façon dont ces outils affectent les patients. La transparence quant au fonctionnement d'un outil, à la façon dont les données sont traitées et aux limites de celui-ci est essentielle. Les patients doivent comprendre clairement ce qu'ils utilisent et comment il peut influencer leurs soins.
Lorsque l'IA est impliquée, une prudence supplémentaire est nécessaire. Ces systèmes peuvent produire des erreurs, refléter des biais ou générer des extrants qui semblent fiables mais qui ne sont pas bien supportés. Les cliniciens doivent rester critiques et réfléchis dans leur utilisation. Bien que l'écart entre l'idée et l'application diminue, la responsabilité clinique et le jugement prudent demeurent inchangés.
